Lectures

Les Mystères de Larispem – Lucie Pierrat-Pajot

Aujourd’hui, je vous parle des Mystères de Larispem, une saga composée à ce jour de deux tomes, écrite par Lucie Pierrat-Pajot et éditée chez Gallimard Jeunesse. Il s’agit de la gagnante du concours Premier Roman de 2015, organisé par Gallimard Jeunesse, RTL et Télérama. Cette série se démarque par son univers steampunk, inspiré des œuvres de Jules Verne, et est également une uchronie, puisque l’auteur réinvente l’Histoire en imaginant le Paris de 1899 si la Commune avait durée.

Larispem. 1899. Dans cette Cité-Etat indépendante où les bouchers constituent la caste forte d’un régime populiste, trois destins se croisent… Liberté, la mécanicienne hors pair, Carmine, l’apprentie louchébem et Nathanaël, l’orphelin au passé mystérieux. Tandis que de grandes festivités se préparent pour célébrer le nouveau siècle, l’ombre d’une société secrète vient planer sur la ville. Et si les Frères de Sang revenaient pour mettre leur terrible vengeance à exécution ?

L’histoire se déroule donc dans un Paris imaginé, rebaptisé Larispem (ce qui veut dire Paris dans le patois des bouchers), où chaque citoyen est égal, puisque que, depuis la victoire de la Commune, tout noble a dû fuir ou se soumettre au nouveau gouvernement. Larispem est donc une cité indépendante du reste de la France, qui se démarque par sa technologie avancée, et ses inventions de plus en plus modernes. Appréciant beaucoup le steampunk, j’étais contente découvrir cette nouvelle auteur, qui a eu l’idée de s’inspirer des œuvres de Jules Verne (l’inventeur du genre avant l’heure) pour créer son univers, jusqu’à incorporer le célèbre romancier comme l’un des personnages. J’ai apprécié les références littéraires qui sèment le récit (le titre lui-même est un beau clin d’œil aux Mystères de Paris d’Eugène Sue), et ce fut un plaisir de redécouvrir le Paris que nous connaissons sous un nouveau jour.

Au style steampunk s’ajoute des éléments un poil fantasy, puisque certains personnages sont dotés d’un pouvoir lié au sang (je ne vous en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher la surprise), dont l’introduction et l’utilisation m’ont agréablement surprise. Le récit, qui commence à suivre ses personnages dans leur vie de tous les jours, s’immisce rapidement dans une histoire de complot politique et de secrets enfouis. Le premier tome sert davantage d’introduction aux personnages et à l’univers, mais le deuxième opus, lui, est bourré d’actions et de retournements du début à la fin.

J’ai beaucoup apprécié le trio principal, surtout Liberté, jeune fille timide et rondouillarde, que je trouve drôlement attachante. Face à elle, nous avons son amie Carmine, fille d’un ancien esclave et apprentie bouchère, qui est une demoiselle au fort caractère, ayant réussi à se faire une place dans un monde d’hommes. Concernant Nathanaël, je le trouvais un peu trop passif lors de ses chapitres d’introduction, mais j’ai finalement eu un véritable coup de cœur pour lui dans le tome 2, où il développe un vrai potentiel et s’affirme en tant que héros. L’histoire possède également une ribambelle de personnages secondaires, que je ne trouve pas assez développés, et dont j’aimerais en savoir plus (notamment sur Cinabre, le mystérieux frère de Carmine). Pour le principal antagoniste, c’est un véritable coup de cœur, mais je vous laisserai le découvrir par vous-même.

La plume de Lucie Pierrat-Pajot est légère, facile d’accès, tout en réussissant à nous plonger dans son univers uchronique en quelques pages, entre mécanique, goutte de sang et couteaux de boucher. Le monde qu’elle a créé m’a conquise, et je compte bien la suivre dans ces prochaines œuvres.

Les Mystères de Larispem est donc une petite pépite que je vous conseille fortement de suivre ! Pour ma part, j’attends avec impatience le prochain tome. Je vous quitte avec un petit extrait du premier tome.

Les deux adolescentes traversèrent en courant l’espace dégagé qui séparait leur cachette de la maison. Il fallait espérer que la milice de sûreté du quartier n’ait pas placé une sentinelle mécanique dans le coin. Lors de leur dernière expédition, elles étaient tombées sur l’une de ces machines conçues pour être les plus bruyantes et les plus lumineuses possible en cas d’intrusion. Elles avaient failli se faire intercepter, il s’en était fallu d’un cheveux.

_A ton avis, Carmine, qui vivait là ?, demanda Liberté en se plaquant contre un mur, lui aussi couvert d’un lierre sombre et épais.

_On s’en fiche. Tu passes trop de temps à te poser des questions là-dessus, Lib. C’est vieux cette histoire, ils sont tous morts depuis des années et ils se moquent qu’on fouille les ruines de leur maison. Le pire qui pourrait nous arriver, c’est qu’on tombe sur un Frère de Sang, ces chauves-souris là aiment bien rôder la nuit. Mais t’as pas à t’inquiéter, les ennemis de la Cité, j’en fais mon affaire.

Pour souligner sa tirade, Carmine tapota sa ceinture où étaient fixés trois couteaux de taille croissante rangés dans leurs fourreaux de cuir. Liberté poussa un bref grognement. Elle avait beau marauder avec Carmine depuis quelque temps déjà, elle ne pouvait pas entièrement s’ôter de la tête que tôt ou tard, elle s’en mordrait les doigts.

Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ? 

20170930_165311

Édit :  J’ai eu la chance de la rencontrer aujourd’hui, ce fut une rencontre très sympa 😀

4 réflexions au sujet de “Les Mystères de Larispem – Lucie Pierrat-Pajot”

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s