Lectures

Un Palais d’épines et de roses de Sarah J. Maas : parlons réécriture !

Sérieux, suis-je la seule à trouver que le fille sur la couverture ressemble à Sansa

Bonjour tout le monde ! On se retrouve aujourd’hui pour parler réécriture de conte, malédiction et royaume des fées !

En chassant dans les bois enneigés, Feyre voulait seulement nourrir sa famille. Mais elle a commis l’irréparable en tuant un Fae, et la voici emmenée de force à Prythian, royaume des immortels.

Là-bas, pourtant, sa prison est un palais magnifique et son geôlier n’a rien d’un monstre. Tamlin, un Grand Seigneur Fae, la traite comme une princesse.

Et quel est ce mal qui ronge le royaume et risque de s’étendre à celui des mortels ?

A l’évidence, Feyre n’est pas une simple prisonnière. Mais comment une jeune humaine d’origine aussi modeste pourrait-elle venir en aide à de si puissants seigneurs ?

Sa liberté, en tout cas, semble être à ce prix.

Titre original: A Court of Thorns and Roses

Auteur: Sarah J. Maas

Editeur: Bloomsbury (la VF est publiée chez la Martinière).

Pages: 420.

Avant de commencer, petit disclaimer : par commodité, j’utiliserai l’acronyme ACOTAR pour désigner l’œuvre (mes petits doigts sont fatigués rien qu’à l’idée de devoir taper plusieurs fois ce loooong titre). A noter également que j’ai lu ce roman en VO, je n’ai donc aucune idée de la qualité de la traduction. C’est pourquoi je ne donnerai donc pas mon avis sur la plume française. Pour ceux qui voudraient le tenter en anglais, mais dont la langue de Shakespeare leur fait encore un peu peur : j’ai eu un petit peu de mal lors des descriptions à cause du vocabulaire très spécifique, mais cela s’est arrangé au fur et à mesure que je m’habituais à l’univers et à la plume de l’auteur. Au cas où, gardez un dictionnaire sous la main.
Sachez également que ce roman est le premier tome d’une trilogie (le troisième n’est pas encore publié en France à ce jour), dont une continuation est déjà prévue par son auteure. Cependant, je traiterai ici le roman comme un one-shot pour 1) sa dimension de réécriture de conte qui ne continue pas dans les suites et 2) ma cruelle déception par rapport aux tomes suivants (mais chut ! no spoilers ! je vous en parlerai bientôt, promis). De toute façon, même si la fin est un peu ouverte, l’histoire contée dans ce tome se suffit à elle-même.

Maintenant que tout est dit, passons au cœur du sujet : ACOTAR, c’est quoi ?

Nous suivons Feyre, une jeune fille ayant perdue sa mère il y a des années. Sa famille, autrefois riche, ayant tout perdu, elle se voit contrainte de chasser dans les bois dangereux pour nourrir son père blessé et ses deux (insupportables ?) sœurs. Un jour, elle tue un loup, commettant là une erreur qui va changer sa vie à jamais. En effet, l’animal était en réalité un Fae, une de ses créatures enchanteresses vivant par-delà le mur qui les sépare des mortels. Ayant commis un sacrilège irréparable, Feyre va devoir le payer de sa vie. Le monstre terrifiant qui vient la chercher lui offre alors un choix : soit elle se fait tuer, soit elle accepte de devenir sa prisonnière et passer les rester de ses jours au Royaume des Fae. Feyre décide le suivre, ignorant ce qui l’attend de l’autre côté du mur…

Cette histoire vous fait sans doute penser à une autre : il s’agit en effet une réécriture de la Belle et la Bête. Ne connaissant Sarah J. Maas que de nom (sa saga Throne of Glass est très populaire sur le booktube anglophone, mais ne m’a jamais particulièrement intéressé), ACOTAR est le premier roman que je lis d’elle. Le speech de base et l’univers me donnaient l’eau à la bouche, et j’en avais entendu beaucoup de bien. C’est donc avec joie que je me suis plongée dans l’aventure de Feyre. Et j’ai plutôt bien aimé !

J’ai adoré l’univers, que ce soit du côté des humains ou du côté des Fae. Une fois amené à Prythian, Feyre va vivre dans la Cour du Printemps, le royaume de Tamlin (notre fameuse Bête, donc). Au fur et à mesure de l’intrigue, nous allons découvrir l’histoire de ce continent mystique, les guerres qui l’ont ravagé et les sombres secrets qu’il cache encore… Mais c’est surtout le travail sur le peuple Fae qui m’a beaucoup plus. L’auteure nous propose un bestiaire de créatures aussi terrifiantes que fascinantes. Elle incorpore également une culture et des rites inspirés de la tradition celtique. Par exemple, le rituel du Calanmai (j’espère qu’il a été traduit ainsi en VF) m’a fait penser aux Dames du Lac de Marion Zimmer-Bradley, pour ceux qui connaissent.

Feyre est une héroïne classique de la littérature adolescente. Elle me fait penser à une descendante de Katniss, dans le genre chasseresse indépendante et rebelle nourrissant sa famille. J’avais peur qu’elle tombe dans le cliché, mais ce ne fut pas le cas. Dans l’ensemble, je l’ai plutôt bien aimée : elle n’est pas parfaite, ne se laisse pas faire face au protagoniste masculin, et se bouge les fesses pour faire avancer l’intrigue. C’est elle qui agit la plupart du temps, c’est elle qui provoque les événements importants, et ça fait du bien ! Certes, il y a certains passages où elle est un peu idiote, du genre (sans spoiler) : on lui dit maintes fois de ne pas faire une certaine chose car cela la mettrait en danger. Et bien Mademoiselle Feyre fait cette chose tout de même, ce qui la met en danger. On pourrait croire qu’elle a compris. Et bien non ! Elle fait la chose dangereuse une deuxième fois ! Bref, certains de ses actes un peu sots m’ont fait rire, mais j’ai l’impression qu’elle était idiote car l’intrigue et le romantisme l’exigeaient. En tout cas, dans la seconde moitié du roman, elle domine par sa persévérance et son courage, et ça j’ai adoré.

Moi qui ai du souvent du mal avec le personnage masculin, j’ai bien aimé Tamlin. Incarnant le personnage de la Bête, il était facile de le faire tomber dans le cliché du BG ténébreux et incompris, torturé par un sombre passé, que l’héroïne, par son amour, doit sauver de ses propres ténèbres (vous voyez le genre ?). Je trouve que Tamlin ne tombe pas dans ce fossé. Il reste un type plutôt bien (certains l’ont d’ailleurs trouvé un peu plat) qui aime sincèrement Feyre et ne devient pas du genre à lui faire du mal parce qu’il l’aiiiiime ! (les gens ayant lu le tome 2, petit clin d’œil). Pour ma part, Feyre et lui se sont tout de même fait voler la vedette par des persos secondaires comme Lucien et Rhysand. Le premier est mon petit chouchou (est-ce parce qu’il est affilié à un renard avec son masque et ses cheveux roux ? Non, pas du tout ! hihi). Quant à Rhysand, je l’ai adoré (encore une fois je ne prends en compte que le tome 1, mais no spoilers ! ). C’est un personnage charismatique, fascinant car on ne sait jamais dans quel camp il joue. C’est un enf**ré, faut bien le dire, mais c’est ce qui fait tout son charme. Et ça, c’est un méchant comme je les aime !

Maintenant, parlons de l’aspect réécriture

Ce que j’ai bien aimé, c’est qu’ACOTAR s’inspire de plusieurs versions de la Belle et la Bête. Le côté féérique au milieu de l’hiver me fait penser au magnifique conte A l’est du soleil et à l’ouest de la lune, variante norvégienne de la Belle et la Bête. Ce dernier, comme ACOTAR, nous montre une Belle libérant la Bête par davantage que son simple amour. En effet, l’héroïne doit passer plusieurs épreuves pour pouvoir retrouver son amour et être heureuse avec lui. C’est ce que nous propose la seconde partie du roman. L’auteure a sûrement trouvé inspiration dans le mythe antique de Cupidon et Psyché, ayant inspiré la Belle et la Bête par bien des thèmes. C’est donc un hommage au conte et à ses origines, et ça vaut la peine de le souligner !

Ce à avec quoi j’ai eu plus de mal, c’est certains détails qu’a choisi de transformer l’auteure. L’histoire derrière la malédiction est assez tarabiscotée avec des conditions un peu trop précises, la transformant en une étrange prophétie.  C’est un peu comme si j’écrivais une histoire où la seule personne pouvant briser une malédiction devrait être un garçon gaucher né en janvier, ayant les cheveux blonds et ayant déjà fait du saut en parachute. J’exagère un peu, mais c’est du même genre. Et puis, la malédiction en elle-même m’a déçue. Dans l’histoire originale, le Prince est transformé en bête monstrueuse, et la Belle doit apprendre à l’aimer (du moins à l’apprécier dans le conte) malgré son apparence. Dans ACOTAR, Tamlin n’est pas transformé en monstre. Il prend seulement l’apparence d’une bête au début pour effrayer Feyre, mais cela lui vient de son pouvoir de métamorphose. Sa seule malédiction est de devoir porté un masque qu’il ne peut pas retirer (et tous les membres de sa cour sont atteints). Donc, même en portant un masque, il reste un BG, ce qui facilite l’histoire d’amour (pensez-vous vous que Feyre serait tombé aussi facilement amoureuse s’il était resté le gros nounours colérique du début ?). Ce que je veux dire, c’est que le roman suit la trame originale du conte, mais sans avoir le fond, ce qui fait que tout cela tombe assez plat. La malédiction n’a pas vraiment de conséquence en premier lieu, si bien qu’on aurait pu s’en passer et cela n’aurait pas changé grand-chose à l’histoire.

Ce n’est donc pas un coup de cœur, mais ce fut une très bonne lecture que je vous conseille !

+ Une héroïne ayant autant de qualités que de défauts, ce qui la rend crédible.

+ Un univers enchanteur et prometteur, inspirés des mythes et légendes

+ Des personnages secondaires fascinants

Une malédiction étrange qui retombe comme un soufflet

Le thème du conte original n’est plus là, si bien que la Belle et la Bête ne semble plus qu’un prétexte.

15/20

3 réflexions au sujet de “Un Palais d’épines et de roses de Sarah J. Maas : parlons réécriture !”

  1. J’ai pas méga kiffé ACOTAR, c’était sympa mais ça m’a pas emballée de ouf. Feyre m’a énervée, je la trouve pas logique et l’univers m’a pas vraiment plu. Le parallèle avec le conte était assez flou mais perso ça m’a pas trop choquée. Donc, petite déception pour moi ce roman ^^
    Kin

    Aimé par 1 personne

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