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[Coup de ♥] Si tu tends l’oreille – Yushifumi Kondo

Bonjour tout le monde ! Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler d’un film dont je suis tombée amoureuse. Il s’agit de Si tu tends l’oreille de Yushifumi Kondo, réalisé en 1995 pour le Studio Ghibli.

Si tu tends l'oreille - film 1995 - AlloCiné

Il était une fois…

Nous sommes en 1995. Pendant l’été, le studio Ghibli sort un nouveau film Mimi o sumaseba, adapté du manga éponyme et traduit en français sous le tire Si tu tends l’oreille. Le film est réalisé par le prometteur Yushifumi Kondo, déjà considéré comme l’avenir du studio, ayant déjà travaillé sur des chefs d’oeuvre comme Le Tombeau des Lucioles, Kiki la petit sorcière ou Porco Rosso. Le scénario, lui, est signé par un certain Hayao Miyazaki. Le duo est prêt à collaborer de nouveau pour nous pondre de nouvelles merveilles. Mais une tragédie arrive. En 1998, Kondo est foudroyé par une rupture d’anévrisme. Touché par le décès de son ami, Miyazaki décide de prendre sa retraite… avant de revenir pour réaliser Le Voyage de Chihiro.

De nos jours…

Netflix nous offre une petite merveille pendant ce confinement en ajoutant l’intégralité des films Ghibli à leur catalogue. Parmi eux, une pépite oubliée : Si tu tends l’oreille. Profitant de cette période pour retomber en enfance, je visionne un à un tous ces films si chers à mon coeur pour en redécouvrir certains, mais aussi pour donner leur chance à ceux dont je n’avais encore jamais croisé la route, cachés dans l’ombre époustouflante de Miyazaki. Et c’est là qu’un soir, je fais la rencontre de Si tu tends l’oreille. Et c’est le coup de foudre. Un coud de foudre comme j’en ai rarement eu pour un film. Un coup de foudre qui le propulse immédiatement au rang de mon film Ghibli préféré, ex æquo avec Le Château Ambulant.

Si tu tends l’oreille, c’est quoi ?

Août 1994. Banlieue de Tokyo.

C’est bientôt la fin des vacances d’été. Shizuku Tsukishima est passionnée par la lecture et passe ses journées à la bibliothèque municipale. Autrice en herbe, elle s’occupe également de traduire en japonais la chanson Country Roads pour la chorale de son collège. Dans son HLM, sa famille s’organise : son père travaille à la bibliothèque, sa mère a repris ses études et rédige son mémoire, sa sœur aînée songe à quitter leur petit appartement pour voler de ses propres ailes. Les journées sont torrides, les nuits douces. On sort les robes d’été, on rejoint les copines pour traîner en ville, on commence à tomber amoureuse…

Jusqu’au jour où Shizuku remarque quelque chose de particulier dans chaque livre qu’elle emprunte. Sur la carte de l’emprunteur revient toujours le même nom : Seiji Amazawa. Qui est donc ce garçon qui se passionne pour les mêmes livres qu’elle ? A travers cette rencontre, Shizuku va partir à la découverte d’elle-même et de la voie à laquelle elle se destine : écrire un roman. Ses pas vont la mener à travers les ruelles ensoleillées d’une ville bétonnée jusqu’à une petite boutique d’antiquités où l’attend la statuette d’un chat nommé Baron. Un autre matou, bien plus rond, va devenir son guide, tel le lapin pour Alice, vers une aventure tout aussi palpitante : l’amour. C’est à la croisée de ces deux chemins que Shizuku va reconnaître sa destinée.

Si tu tends l'oreille | Les critiques de Yuyine

Alors, pourquoi un tel coup de coeur ?

Dès les premiers minutes, je suis tombée sous le charme de ce film. Il s’ouvre dans la nuit estivale, suivant la vie des habitants de cette ville de banlieue au son de Country Roads. La musique idylle brille dans le ciel étoilé. Puis nous rencontrons Shizuku, sa famille, ses amis, sa passion pour la lecture… Et que vous dire ? Je me suis entièrement reconnue dans ce personnage. Un peu têtue, un peu trop la tête dans son univers quitte à délaisser ses responsabilités… La jeune collégienne a même la coiffure que j’avais à son âge. Une héroïne rêvant de devenir autrice ? Oui, c’est moi. Tout à fait moi. Dès le début, j’étais investie.

Et puis il y a cette ambiance. Comment vous la décrire ? Je ne sais pas si je pourrais trouver des mots assez justes pour vous narrer à quel point elle m’a touchée. Comme je vous le dis, ce film fut une rencontre, un coup de foudre. Il y a de ces œuvres si belles qu’elles vous rendent nostalgique de quelque chose que vous n’avez pas connu. Ici, c’est bien plus encore. C’est la première fois qu’un film, d’animation qui plus est, me transportait aussi bien dans son univers. J’y étais. Je traversais la ville sous le soleil ardent aux côtés de Shizuku. Je sentais le vent chaud battre ses jambes nues. J’entendais les bruits de la ville, même au coeur de la nuit. Et tout ça pour une simple raison : ce film, c’est mon enfance.

A chaque scène, je me souvenais de mes propres vacances. Les rues qu’elle parcourait ressemblaient à celles où je m’amusais quand j’étais petite. Comme moi, elle croisait des chats avec qui elle jouait, elle pénétrait dans des vieilles boutiques où chaque objet a sa propre histoire. Elle se promenait dans une belle soirée d’été alors que le soleil déclinait à l’horizon. Sans jamais être allée au Japon, je reconnaissais pourtant chacune de ces sensations.

Si tu tends l’oreille, c’est ma madeleine de Proust.

Oui, je sais, je devrais essayer d’être plus objective. Peut-être que le film peut paraître un peu plat, car en réalité il ne s’y passe pas beaucoup d’actions. Peut-être que ce film ne vous paraîtra pas si exceptionnel que ça, car il ne vous touchera pas comme il l’a fait pour moi. Mais toujours est-il que cela reste un Ghibli avec ces petits détails du quotidien qui rendent les personnages si uniques, mais aussi si proches de nous. Il y a aussi cette histoire d’amour naissante, si mignonne et si pure. Ces amitiés, ces chassés croisés amoureux, ces rêves et ces passions de l’enfance qui peu à peu se transforment et grandissent, comme octobre approche vers la fin du film…

Le film mêle subtilement réel et rêverie, à travers le roman que Shizuku écrit. Celui-nous nous propose de belles séquences rêvées qui vous feront peut être penser au Château Ambulant avant l’heure. Elle met en scène Baron, la petite statuette, en faisant un chat aventurier séparé de sa fiancée. Si vous êtes fans du studio Ghibli, vous reconnaîtrez sûrement ce chat gentleman : Baron est le héros charismatique du Royaume de Chats. Et là, comme par enchantements, je comprends qu’un autre film de mon enfance découle de l’imagination de Shizuku.

Si tu tends l’oreille, c’est plus qu’une rencontre. Ce sont des retrouvailles.

Pour conclure, je vous laisse avec la chanson du début. Country Roads. Les paroles reflètent parfaitement mon ressenti sur le film : un retour à la maison.

7 réflexions au sujet de “[Coup de ♥] Si tu tends l’oreille – Yushifumi Kondo”

  1. J’ai fait un marathon Ghibli récemment (enfin y’a 10 mois lol), mais j’ai totalement zappé celui là ! Je l’ai jamais vu en plus, il va falloir que je remédie à ça ! 😀 (mais du coup, c’est cool, ça me fait un nouveau ghibli à découvrir héhé)

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