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Les Dragons de l’Impératrice – Alice Sola

Bonjour tout le monde ! Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler de ma dernière lecture : Les Dragons de l’Impératrice d’Alice Sola. Il s’agit d’une réécriture mêlant la légende de Mulan et l’opéra Turandot de Puccini.

LDDI

Titre : Les Dragons de l’Impératrice

Autrice : Alice Sola

Éditeur : Magic Mirror Editions

Pages : 388

Au coeur de la cité impériale, entre les paravents, les ombrelles et les coiffes des nobles dames, rôde un murmure, prémisse d’une terreur sans nom. La Princesse Turandot cache le monstre qui l’habite dans le sang et la cruauté tandis que l’empereur, son père, détourne le regard. Dans l’ombre, l’avènement du démon approche. 

Les chemins de trois héros vont s’entremêler et croiser celui de la Princesse Cruelle. Destinée, chance ou malédiction ?

Hua Mulan, qui dissimule sa féminité depuis des années, le Général de guerre Shen et Calaf, le prince déchu, devront chercher ce qu’on ne peut trouver pour tenter de délivrer l’héritière et le peuple. 

Mais l’empire, coupable et corrompu, peut-il seulement être sauvé ? 

Alice Sola a donc choisi de mêler les récits de Mulan et de Turandot. S’ils ont pour point commun la Chine impériale, l’un est une vieille légende chinoise popularisée par Disney, l’autres est un célèbre opéra de Puccini. Je connaissais les deux et j’ai adoré les redécouvrir. L’autrice choisit d’écrire une « suite » à Mulan, plaçant son intrigue des années après celle que nous connaissons. La jeune femme, toujours déguisée en homme, cache encore son identité, même après avoir gravi les échelons de l’armée pour parvenir au sommet. Quant à Turandot, l’histoire reprend celle de l’opéra tout en développant son univers.

Je tiens à souligner l’immense travail de l’autrice pour donner vie à ce monde légendaire. A travers ces lignes, on distingue très bien toutes les recherches qu’elle a mené pour représenter le plus fidèlement possible la culture chinoise. Vous pouvez d’ailleurs retrouver sa bibliographie à la fin de l’ouvrage. Quant à la plume d’Alice Sola, elle est toujours aussi belle. Elle se caractérise par sa douceur, sa manière de décrire avec détails, que ce soit les décors les plus prestigieux ou les monstres les plus terrifiants. Chaque scène se gravera dans votre tête et prendra vie sous vos yeux comme si vous y étiez.

Rän se réveilla en sursaut et attrapa l’oreiller le plus proche pour en couvrir sa bouche. Personne n’entendrait ses hurlements d’horreur. Le corps tremblant et poisseux de sueur, elle reprit lentement conscience de la réalité. La touffeur de la nuit lui faisait penser à un tombeau. Lit immense, chambre vide. Comme toutes les filles de l’empereur, elle dormait dans les soieries les plus fines et du bois laqué.

Pendant la majeure partie du récits, les deux histoires se croisent et se complètent jusqu’au climax final. D’un côté, nous suivons Mulan et son frère d’armes le Général Shen. Si comme moi votre Disney préféré est Mulan, alors vous serez ravi par cette réécriture. J’ai retrouvé l’héroïne que j’aimais tant, tout en découvrant de nouvelles facettes de son histoire. Alice Sola a su se distinguer du film d’animation pour se réapproprier les personnages. J’admire la ténacité de cette jeune fille dotée de la double-vue, tiraillée entre son engagement, ses secrets et sa vie sacrifiée au profit du pays. J’ai adoré sa relation avec Shen qui est pour moi la plus construite et la plus réussie du roman. Mention spéciale à Xiao, son dragon gardien qui l’accompagne tout au long de son aventure. C’est loin d’être Mushu, mais le lien qui les unit est encore plus beau. Certaines répliques m’ont bien fait rire !

Dans le même temps, nous suivons le calvaire de Rän, la princesse Turandot. Si j’avais du mal à l’apprécier dans l’opéra de Puccini à cause de son rôle trop destructeur, elle est ici beaucoup plus humaine. A la place d’une vengeance capricieuse, elle est en réalité victime d’un démon qu’elle doit contenir en sacrifiant de pauvres innocents. Un prix cher à payer, mais nécessaire pour préserver l’équilibre du monde. Rän apparaît alors comme une jeune femme froide et cruelle, et pourtant terriblement forte et secrète. Si elle ne prend pas directement les armes comme Mulan, elle ne cesse de combattre depuis la naissance. Et son ennemi, c’est elle-même.

J’ai peut-être un peu plus de réserve concernant les deux autres personnages principaux de Turandot. Dans l’opéra de Puccini, Liu est le personnage qui me le touche le plus par son amour et sa destinée tragique. J’aurais aimé la suivre davantage dans cette version. Quant au Calaf de Puccini, je n’ai jamais pu m’attacher à ce qu’il représente. Pourtant, Alice Sola parvient à le rendre intéressant par ses convictions et pour quoi il se bat. Deux mots pour le décrire : survivant et protecteur. Quant à sa relation avec Rän, je suis peut-être passée à côté. J’ai trouvé le basculement de Calaf, de haine à passion, trop rapide. Je sais que cela s’explique par leurs destins liés et par la nécessité de respecter l’histoire d’origine. Mais la faute vient donc de l’opéra où je n’ai jamais pu comprendre pourquoi Calaf tombait fou amoureux d’une femme aussi cruelle. Dans le roman, quand on sait qui est véritablement Rän, la pilule passe beaucoup mieux et je pense que de nombreux lecteurs apprécieront leur relation. Merci donc à l’autrice d’avoir donner de la profondeur à cet aspect de Turandot.

Je terminerai en parlant des antagonistes. Nous avons donc affaire à un démon, mais pas que… Les pages de ce roman sont peuplées de monstres issus de la mythologie chinoise, plus effrayants les uns que les autres. Nous retrouvons des thèmes chers à l’autrice, déjà abordés dans son roman Le Lac des Cygnes. Nous avons la princesse ensorcelée, le prince fou amoureux prêt à tout pour la sauver, mais surtout ces antagonistes effroyables. Je pense notamment à la figure de la femme corrompue, transformée en monstre hideux et brutal, dont chaque apparition me donnait la chair de poule. Alice Sola sait créer l’horreur en mariant l’humain à l’animal et au végétal, résultant en des chimères cauchemardesques. Attention à la violence de certaines scènes, car nos héroïnes subissent épreuves sur épreuves… Pour en sortir toujours plus fortes.

+ Un habile mélange entre deux récits épiques

+ Une plume sublime donnant vie à la Chine légendaire

+ Deux héroïnes profondes et complémentaires

Ma note :

4,5

D’autres avis sur Les Dragons de l’Impératrice : La Caverne d’Haifa, Madame Ratou, La demoiselle aux cerfs, Les Voyages de Ly, La Cocci-Lectrice, Faith in Words.

2 réflexions au sujet de “Les Dragons de l’Impératrice – Alice Sola”

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