Lectures

Sorcery of Thorns – Margaret Rogerson

Bonjour tout le monde ! Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler de ma dernière lecture : Sorcery of Thorn de Margaret Rogerson. Son univers m’intriguait, malheureusement je ressors de ce roman plutôt déçue, frustrée par son potentiel non exploité.

Titre : Sorcery of Thorns

Autrice : Margaret Robertson

Editeur : Bragelonne

Pages : 570

Tous les sorciers sont maléfiques.

Elisabeth, élevée au milieu des dangereux grimoires magiques d’une des Grandes Bibliothèques d’Austermeer, le sait depuis son plus jeune âge. D’ailleurs, peu de temps après le passage à la bibliothèque du sorcier Nathaniel Thorn, un des ouvrages se transforme en monstre de cuir et d’encre, semant mort et destruction. Et c’est Elisabeth qui se retrouve accusée de l’avoir libéré. Forcée de comparaître devant la justice à la capitale, elle se retrouve prise au cœur d’une conspiration vieille de plusieurs siècles.
Bien malgré elle, elle n’a d’autre choix que de se tourner vers son ennemi Nathaniel, et son mystérieux serviteur, Silas.
Car ce ne sont pas seulement les Grandes Bibliothèques qui sont en danger, mais le monde entier… et face à ce terrible complot, Elisabeth va devoir remettre en question tout ce qu’elle croyait jusqu’ici, y compris sur elle-même.

Commençons par le positif : c’est son univers livresque qui m’a attirée vers ce livre et c’est que je retiendrai le plus. Nous évoluons dans un monde où les livres et autres grimoires sont magiques, développant pour certains une personnalité propre, le don de parole, constituant parfois même un danger pour autrui. Ces ouvrages aussi puissants que dangereux sont soigneusement conservés dans les bibliothèques d’Austermeer. A travers ce concept, nous voyons l’amour de l’autrice envers les livres et je pense que tous les lecteurs s’y reconnaîtront. C’est mon aspect préféré de Sorcery of Thorns (peut-être même l’un des seuls) et je regrette qu’il ne soit pas exploité davantage.

Car c’est là ma principale déception. Ce roman regorge de bonnes idées, sans jamais allé plus loin que le bout de leur nez. Il ne parvient pas à se démarquer de schémas classiques, voir des archétypes du Young Adult. Ce manque d’originalité et de parti-pris est frustrant. Par exemple, le système de magie est peu explicité et parfois incohérent. On nous répéte que les sorciers sont vus comme maléfiques par les bibliothécaires, pourtant ces derniers ont pour mission de conserver les livres de magie des sorciers. Pourquoi cette méfiance envers la magie ? Elle me semble peu fondée, si bien que ce manque de repère rend les relations entre les personnages, censées naître dans l’adversité, peu bouleversantes. J’aurais également aimé en savoir plus sur le système politique, la société d’Austermeer. Là, elle est à peine ébauchée.

Pourtant, l’esthétique me plaisait. Au détour des pages, on croise un esprit sylvestre semblant tout droit sorti d’un film de Miyazaki. Un personnage nous apprend qu’ils sont en train de disparaître. Intéressant, mais… On n’en reparle plus jamais dans le reste du roman. Quel était l’intérêt de cette scène ? L’intrigue est cousue de fil blanc et n’est jamais parvenue à me surprendre. On sait par avance ce qu’il va se passer, qu’une trahision va avoir lieu, qu’un imprévu va venir tout chambouler, qu’une aide inespérée va sauver la mise… Parfois, l’autrice nous sort des « tais-toi, c’est magique ! » pour résoudre les problèmes de ces personnages : l’objet enchanté trouvé comme par hasard quand l’héroïne en a besoin, le sort parfait comme ressort scénaristique, le personnage lambda qui apparait seulement pour sauver quelqu’un du pétrin avant de disparaître et n’être jamais plus mentionné… Je trouve ça dommage. Ce n’est pas parce que le livre est davantage destiné aux adolescents qu’il faut prendre ses lecteurs pour des cruches.

Katrien ne perdit pas une seconde. Tandis qu’Elisabeth observait les lieux, elle fila jusqu’au bureau et commença à ouvrir les tiroirs.

– C’est pour la science, expliqua-t-elle, ce qui était généralement ce qu’elle disait juste avant que quelque chose n’explose.

Venons-en à un autre point qui avait pourtant du potentiel : les personnages. Le trio principal, formé par Elisabeth, Nathaniel et Silas avaient tout pour me séduire. Déjà, car l’autrice évite le piège trop évident du triangle amoureux. Mais également, parce qu’ils me faisaient pensé à Sophie, Hurle et Calcifer du Château de Hurle. Mais ils ne sont qu’une pâle copie de ces protagonistes hauts en couleurs. Comme pour l’intrigue, les personnages ne parviennent pas à être davantage de ce qu’on attend d’eux, et à cause de cela ils ne sont pas marquants.

Commençons par Elisabeth Scrivener, notre héroïne. Si durant les premiers chapitres je la suivais avec intérêt, la suite a été plus laborieuse. Elisabeth est l’héroïne transparente par excellence, qui se caractèrise de la sorte : un peu naïve car elle découvre un monde nouveau, pas comme les autres filles (attention, Elisabeth est très grande pour son âge !) et maligne et courageuse seulement lorsque le scénario l’exige. Car dans la majeure partie du roman, soyons francs : Elisabeth n’est pas le couteau le plus aiguisé du tiroir. Il lui faut souvent du temps pour comprendre ce qui se passe, parfois bien après le lecteur (cela est dû à l’intrigue peu surprenante). Et puis, elle est assez fade. Franchement, je ne pourrai pas lui donner un trait de caractère à part le fait qu’elle est… Grande ? Les grimoires magiques sont plus caractérisés qu’Elisabeth, c’est pour dire !

Nathaniel Thorn m’a également laissé indifférente. C’est l’archétype du garçon brun aux yeux clairs, mystérieux et sacarstique, mais jamais plus. Son histoire aurait pu être intéressante, mais elle n’est guère parvenue à m’émouvoir plus que cela. Et puis même : je vois ce qu’essayait de faire l’autrice, mais elle n’y parvient pas. La plupart des remarques sacarstiques de Nathaniel ou ses blagues tombent à plat, j’ai même levé les yeux au ciel quelques fois. (Tout le monde n’est pas un Nikolai Lantsov, n’est-ce pas ? Promis, j’arrête de parler du Grishaverse !) J’apprécie tout de même le fait qu’il soit bisexuel, ce qui est assez rare en YA.

Ce qui me permet d’enchainer avec un autre point : la romance. Je ne l’ai pas détestée, mais elle m’a laissé indifférente (là ça commence à faire beaucoup de points qui m’indifférent). Alors certes, pour une fois l’intérêt amoureux respecte notre héroine et ne développe pas l’une de ses relations toxiques. Mieux, il a seulement deux ans de plus qu’elle et non deux siècles (Coucou Edward, Rhysand & Cie). Mais voilà : Nathaniel et Elisabeth ont plus d’alchimie avec les autres personnages qu’entre eux d’eux. Leur « amour  » arrive trop rapidement et si leurs échanges étaient amusants au début, ils s’essouflent bien vite. Nathaniel la taquine, lui lance des petites piques, mais Elisabeth répond à peine. Il n’y a pas de réelle répartie, pas d’étincelle.

Pour finir sur du positif, je ne parlerai pas du méchant aux motivations et caractérisation vues et revues, et son identité révélée bien trop tôt. Non, je préfère terminer sur Silas, le démon au service de Nathaniel. S’il campe dans l’archétype attendu du personnage, je l’ai apprécié car j’ai un faible pour ce genre de dynamique. J’aurais préféré qu’il soit mis davantage en avant, ce que j’aurais fait si je pouvais réécrire le roman (et mettre Katrien à la place d’Elisabeth, elle a plus de caractère et ferait un personnage plus attrayant). Sa relation avec Nathaniel est plus intéressante, ils ont plus d’alchimie Par exemple, pourquoi ne pas exploiter la bisexualité de Nathaniel et l’attachement étrange que Silas éprouve pour lui ? Elisabeth, par sa naïveté et son amour des livres, aurait pu se contenter de rester une amie, pas besoin de toujours donner une histoire d’amour à l’héroïne, surtout quand celle-ci empiètre sur l’intrigue.

Au final, je pense ne pas simplement ne pas être le bon public. J’ai souffert de certaines longueurs et j’ai dû lire les derniers chapitres en diagonale pour ne pas abandonner. Mais je sais que ce livre a ses fans et je suis certaine qu’il pourra plaire à certains d’entre vous. Ayez seulement conscience que si vous aimez le Young Adult, ce ne sera pas le roman le plus original de votre vie de lecteur.

+ Un univers construit en hommage aux livres et la lecture

Une intrigue entendue et peu surprenante

Des personnages manquant de relifef pour être marquants

D’autres avis sur Sorcery of Thorns : Plumes de lune, Maven Litterae, Les Fantasy d’Amanda, Les Voyages de Ly, Muffins and Books,

3 réflexions au sujet de “Sorcery of Thorns – Margaret Rogerson”

  1. Je vois que nous avons un peu près le même ressenti sur ce roman aux idées et au potentiel prometteurs mais qui ne va pas au fond des choses 😉

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  2. J’aime beaucoup ton avis, très différent du mien ^^ après j’avoue que j’ai ouvert ce livre en cherchant les « classiques » du Young Adulte du coup c’est peut être ça que ça ne m’a pas autant dérangé ? Je trouvais que c’était un une shot frais et sans trop prise de tête ^^

    Aimé par 1 personne

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