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Rebecca – Daphné du Maurier

Bonjour tout le monde ! Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler de ma dernière lecture. Il s’agit de Rebecca de Daphné du Maurier, un classique qui trainait dans ma PAL depuis longtemps. Déjà familière à l’intrigue par l’adaptation faite par Alfred Hitchcock que j’ai vu il y a plusieurs années, j’ai pu redécouvrir cette histoire sous son vrai jour (si le film de 1940 est très bon, il reste édulcoré sur certains éléments, comme l’expliquaient les mœurs de l’époque).

Titre : Rebecca

Autrice : Daphné du Maurier

Traductrice : Anouk Neuhoff

Editeur : Le Livre de Poche

Pages : 640

Un manoir majestueux : Manderley. Un an après sa mort, le charme noir de l’ancienne propriétaire, Rebecca de Winter, hante encore le domaine et ses habitants. La nouvelle épouse, jeune et timide, de Maxim de Winter pourra-t-elle échapper à cette ombre, à son souvenir ?

L’intrigue de Rebecca est narrée par une jeune demoiselle de compagnie, en vacances dans le sud de la France avec son employeuse, l’excentrique Mme Van Hopper. Timide, modeste, elle reste en retrait de cette femme un brin grotesque, jusqu’à faire la rencontre du richissime Maxim de Winter, un veuf ayant deux fois son âge. Après quelques jours passés en sa compagnie, la narratrice accepte sa demande en mariage pour commencer une nouvelle vie avec lui en Angleterre, dans sa magnifique demeure : Manderley. Mais très vite, la jeune mariée va déchanter. Le manoir, tout comme ses domestiques, semble encore hanté par la présence de la précédente épouse de Maxim, Rebecca, morte noyée l’année précédente. Décrite comme belle, intelligente, aimée de tous, la défunte commence à obséder la narratrice jusqu’au tourment. Alors, qui était vraiment Rebecca ?

Récemment, je vous parlais de l’incipit de Rebecca comme l’un de mes préférés parmi ma bibliothèque. Dès les premières lignes, nous sommes plongés  dans cette atmosphère fantomatique où les spectres, sans jamais apparaître vraiment, peuplent le roman. Car Rebecca n’a rien de surnaturel, ni même de fantastique. C’est le souvenir de cette morte qui revient hanter les personnages. Voilà pourquoi le roman a quelque chose de gothique, typiquement anglais, par son décor et ses thématiques. Typiquement anglais aussi, par les us et coutumes de ces nobles, puisque nous avons le droit à de nombreuses descriptions de leur quotidien, consistant pour la majeure partie à se promener et prendre le thé. J’ai relevé plusieurs longueurs à cause de cela, mais le roman prend une tournure différente vers son dernier tiers où du Maurier fait monter crescendo le suspense jusqu’à la révélation finale. Cette dernière partie relève davantage du roman policier. Quant à la chute, devinée dès le premier chapitre, elle est brutale. Si comme moi, vous avez déjà vu un des films (celui de 1940 ou celui 2020, beaucoup moins réussi), vous aurez connaissance de certains détails seulement suggérés dans le roman.

 Il ne m’appartenait pas du tout, il appartenait à Rebecca. Elle était toujours dans la maison, comme Mrs Danvers l’avait dit, elle était dans cette chambre de l’aile ouest, elle était dans la bibliothèque, dans le petit salon, dans la galerie au dessus du hall. Même dans le petit vestiaire où pendait son imperméable. Et dans le jardin, et dans les bois, et dans la maisonnette en pierre sur la plage. Ses pas résonnaient dans le corridor, son parfum traînait dans l’escalier. Les domestiques continuaient à suivre ses ordres, les plats que nous mangions étaient les plats qu’elle aimait. Ses fleurs préférées remplissaient les chambres. Rebecca était toujours Mme de Winter. Je n’avais rien à faire ici. 

La narratrice est très réservée et passive. Si vous n’appréciez pas les personnages qui se laissent toujours marcher sur les pieds, vous pourriez avoir du mal avec elle. Je sais que moi-même, j’ai souvent été exaspérée par sa timidité excessive et son manque de confiance en soi, dominants jusqu’au dernier tiers du roman (après un évènement que je ne vous spoilerai pas). Mais c’est clairement l’intention de l’autrice, faire disparaître la jeune mariée derrière la précédente Mrs de Winter. Voilà pourquoi Rebecca, bien que morte, donne son nom au roman, alors que la narratrice, elle, reste anonyme jusqu’au bout.

Autre personnage clé : Maxim de Winter. Je ne sais pas quoi penser de cet homme. Je l’ai trouvé parfois froid et odieux envers la narratrice, souvent infantilisant, ce qui me rend encore plus mal à l’aise concernant leur grande différence d’âge. L’amour aveugle que lui porte l’héroïne la plonge dans une sorte de soumission. Daphné de Maurier arrive pourtant à dresser une galerie de personnages fascinants, avec également Mme Danvers, la gouvernante vouant un culte à la défunte Rebecca. La romancière parvient à flouter les frontières entre le bien et le mal, dépeignant un spectacle où le lecteur ne sait pas quel parti prendre. Qui est vraiment la victime ? Le bourreau ?

D’autres avis sur Rebecca : Lire à la folie, Sometimes a book, Le murmure des âmes livres, Célittérature, Ad Litteram, Olympes, Emma’s book, Lilylit

1 réflexion au sujet de “Rebecca – Daphné du Maurier”

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