Ecriture, Interview d'auteur

Rencontre avec une autrice : Laetitia Arnould

Bonjour à tous ! Je vous retrouve aujourd’hui pour vous proposer une nouvelle interview d’autrice. Cette fois, j’ai l’honneur d’accueillir la talentueuse et féérique Laetitia Arnould, autrice prolifique aux mondes plein de merveilles. Alors, on embarque ?

Bonjour Laetitia et bienvenue sur le blog ! Je te remercie de m’accorder cette interview 🙂 Et si on commençait par parler un peu de toi ?

Bonjour Nina ! Je suis ravie de papoter un peu avec toi et je te remercie de m’avoir contactée pour cette interview ! Pour me présenter brièvement, je suis Laetitia Arnould, autrice et illustratrice née au pied des montagnes vosgiennes. D’origine italienne, j’ai vécu vingt ans en Bretagne et j’habite aujourd’hui aux portes du Périgord vert. J’aime beaucoup m’inspirer des cultures qui m’ont portées et de mes voyages dans mes écrits, et j’espère qu’ils font un peu voyager à leur tour.

Si tu devais ne choisir qu’un seul livre, lequel serait-ce ? Un seul auteur ? Un seul personnage ?

Si je ne devais garder qu’un seul livre, je serais très malheureuse ! Mais s’il faut vraiment faire un choix, ce serait sans doute un recueil de contes et de légendes ou alors l’Edda de Snorri Sturlusson, pour tout l’imaginaire que ces récits développent en nous. Un seul auteur ? Ce serait Francis Scott Fitzgerald, pour la poésie désenchantée de sa plume. Un seul personnage ? Severus Rogue, pour son ambiguïté et sa complexité touchante.

Quel est ton parcours d’autrice ?

J’écris des histoires depuis que je sais le faire, et j’ai publié pour le fun une saga en 2012 (qui n’est plus commercialisée aujourd’hui). Depuis 2017, toutefois, j’ai fait du métier d’autrice ma principale activité. La seule depuis quelque temps. Ce n’est pas facile tous les jours mais je continue à croire en mon rêve de pouvoir vivre pleinement et sereinement de ma plume. Je travaille une dizaine d’heures par jour, souvent plus si on compte tout ce qu’il y a autour de la pure écriture, et surtout la nuit (entre minuit et quatre heures du matin). Depuis 2017, j’ai écris une douzaine de romans (dont 8 actuellement publiés, deux à venir et d’autres en cours de finalisation) et plusieurs albums illustrés.

Quel type d’autrice es-tu ? L’architecte qui planifie tout à l’avance ou la jardinière qui se laisse porter et surprendre par son histoire ?

Je rédige principalement mes histoires au feeling et je laisse mes paysages me porter et mes personnages me souffler leurs choix. J’aime laisser une grande liberté à l’inspiration du moment, à celle qui vient suite à un rêve, une mélodie fredonnée, une émotion vive, un battement de cœur…

Aurais-tu des conseils à donner aux écrivains débutants ?

Alors c’est une question à laquelle j’ai du mal de répondre car j’estime qu’il faut surtout écrire ce que l’on aime, ce qui nous fait vibrer. Il ne faut pas chercher à faire ceci ou cela pour que ça plaise, ou pour que ça marche, ou pire, parce que c’est la mode. Il faut rester authentique et délivrer nos valeurs et nos émotions par des mots et des fictions au plus proches de ce qu’on est. Donner un peu de nous à chaque histoire, en somme.

Personnellement, je t’ai découverte grâce à ton roman Ronces Blanches et Roses Rouges publié chez Magic Mirror Editions. Par la suite, tu as également écrit Le Bois-sans-Songes. Peux-tu revenir sur ta collaboration avec cet éditeur ?

J’ai eu les larmes aux yeux quand j’ai été contactée par Sandy [Ruperti, la fondatrice de Magic Mirror Editions] pour parler du manuscrit de Ronces Blanches et Roses Rouges. Sa proposition d’édition est venue à un moment où je me questionnais pas mal sur le fait de faire publier mes textes ou d’écrire uniquement en tant que hobby. J’ai toujours beaucoup d’émotion quand je pense à cet instant et à tous les merveilleux qui ont suivi grâce à une féerique équipe. Pour le Bois-sans-Songe, ça a été encore plus fort. Mon éditrice a tellement compris la personnalité de mes personnages et les a tellement aimés, en particulier Lennart, que je ne garde que le souvenir d’un tourbillon émotionnel avec ce livre. En plus, sa publication est survenue à un moment difficile de ma vie et je suis toujours aussi bouleversée quand je me replonge dans l’univers qui tourne autour de ce texte.

Selon toi, quels sont les éléments pour une bonne réécriture de conte ?

Question difficile. Personnellement, je garde les éléments essentiels du conte revisité mais en m’affranchissant de certains codes et tout en gardant la nature intrinsèque de cet univers qui est une infinie source d’inspiration.

Tu es également l’autrice emblématique d’une autre maison d’éditions où tu publies des romances : Gloriana. Qu’est-ce qui t’attire dans ce genre, souvent injustement décrié ?

J’écris plus des comédies romantiques et de la fiction historique romantique que des romances telles qu’on les entend. Si mes textes s’articulent autour d’une rencontre et d’une histoire d’amour, ils véhiculent avant tout des valeurs, s’attardent sur la vie quotidienne des femmes et des hommes à travers les siècles, mettent en scène des héroïnes et héros humanistes, et s’inspirent de mes voyages ou des pans de l’Histoire qui me touchent particulièrement.

Tu nous reviens cette année avec deux publications chez Twinkle Editions, pour un album jeunesse et un roman, tous deux illustrés par tes soins. Peux-tu revenir sur les prémices de ces beaux projets ?

Ça fait très, très longtemps, que j’ai envie de publier des livres au format relié : ces beaux livres cartonnés qu’on aime tellement toucher, sentir et qui nous ramènent à des souvenirs émus. Ce sont de magnifiques objets-livres en plus d’être des délivreurs d’histoires. Avec Twinkle éditions, j’ai la possibilité de le faire et plus encore, puisque je suis également illustratrice/graphiste et maquettiste pour ces deux projets. Je conçois ces livres du texte au visuel, et du début à la fin. Je trouve ça tellement grisant !

Orion

Un Shiba aux couleurs d’automne t’a été inspiré par ton propre Shiba, Orion. Ce n’est pas le premier album que tu écris (et illustres). La littérature de jeunesse s’aborde-t-elle différemment ?

En effet. Mon petit chien a un pelage particulier, qui ne correspond pas forcément aux standards de la race alors qu’il en est, à mes yeux, le plus beau représentant (en toute objectivité bien sûr^^⁾. Je dis toujours qu’il n’est ni roux, ni sésame, mais qu’il porte les couleurs de l’automne, saison pendant laquelle il est né et saison que j’aime tellement ! J’aborde la littérature jeunesse pareillement et différemment à la fois. Comme pour mes romans, j’aime surtout décrire les émotions, partager des événements ou peindre des paysages avec beaucoup de poésie et d’intuition. Ce qui diffère c’est le langage qui se simplifie pour s’adapter à un lectorat plus jeune, et le côté plus pédagogique des ouvrages pour les petits. Un shiba couleur d’automne a cela de particulier qu’il peut autant plaire aux petits qu’aux adultes et promet donc de jolis moments de lecture automnale.

Se procurer Un Shiba couleur d’automne

(Photo de Laetitia Arnould)

À l’approche de ses dix-sept ans, Edda Nightingale est une jeune fille solitaire et hypersensible. Orpheline, elle vit avec sa belle-mère et sa belle-soeur, Ally. Si elle se sent étrangère en leur compagnie, elle ne quitterait le manoir familial pour rien au monde, même quand tout est fait pour la mettre à l’écart. Elle veut veiller sur les bois de Moonland et sur les étonnants animaux qui vont et viennent, comme l’élégante hermine et le mystérieux harfang des neiges.
❄️
Garant des nuits de givre et des glaciers, Jack Frost est la quintessence de l’hiver. Pourtant, qui connaît encore son nom? Jack n’est plus qu’une vague image du passé, un nom perdu au fond d’un vieux livre ou chuchoté dans un cantique. Invisible pour les hommes et délaissé des fantômes, il a le sentiment de ne compter pour personne, sauf peut-être pour Janvier le renard polaire. Il erre chaque jour, investi d’une haute mission : celle de préserver l’hiver, de souffler le givre et de faire danser les flocons…
❄️
À l’aube d’un nouvel hiver, le destin (ou peut-être est-ce le vent du nord, un étang gelé ou une aurore boréale ?) va mêler le monde d’Edda à celui de Jack. Si la première va découvrir un univers de conte et de légendes, le second va apprendre à mieux connaître les humains, ces Ephémères en qui il croit si peu et qui l’ont laissé pour compte…

Si tu devais choisir 3 mots pour décrire Là où réside l’hiver, que dirais-tu ?

Magie. Émotions. Écologie.

Pourquoi avoir choisi de retravailler le mythe de Jack Frost ? Que lui apportes-tu ?

Dans Là où réside l’hiver, je fais de nombreux clins d’œil à des contes comme Dame Hiver des frères Grimm et la Reine des Neiges, d’Andersen. Par ailleurs, je  m’inspire également de mythes nordiques, britanniques et slaves. C’est dans toutes ces cultures qu’est né Jack Frost, un personnage captivant qui n’a pas une histoire à lui, mais une foule d’histoires venues du monde entier. Je pense à Joküll Frosti des pays scandinaves, ou à Ded Moroz en Russie. Je crois que j’ai envie d’écrire une histoire autour de ce personnage depuis toute petite. Je l’ai découvert dans une chanson de Noël que j’adorais fredonner étant gamine, même si je la chantais en yaourt (« The Christmas song ») et je me demandais qui était Jack Frost (« Jack Frost nipping at your nose »). Plus tard, à la bibliothèque, je suis tombée sur un livre de contes russes, je crois, qui parlait de Jack Frost. Dans ma propre bibliothèque, je collectionne les contes et les illustrés qui mettent en scène ce personnage hypersensible, solitaire, changeant et complexe que j’aime tant et qui est profondément lié aux mythes nordiques qui me parlent tellement et depuis des années. Je travaille sur cette réécriture depuis plus de deux ans et j’avais d’ailleurs soumis la première version de mon texte à une maison d’édition, il y a plus d’un an, début juillet 2020. J’ai d’ailleurs eu une proposition de contrat mais je ne sentais pas cette version prête. Je suis tellement attachée à l’hiver et à mes personnages que je voulais arriver à écrire leur plus belle histoire. J’ai repris mon texte et l’ai retravaillé plusieurs fois. Puis je l’ai soumis au comité de Twinkle Editions.

Soutenir la campagne Ulule de Là où réside l’hiver

Peux-tu nous dire quelques mots sur tes futurs projets ?

Je compte reprendre l’écriture d’un roman plus scientifique cet automne, lorsque la campagne sur Ulule pour « Là où réside l’hiver » sera terminée et que je pourrai me consacrer à nouveau l’écriture. Sinon, j’ai une comédie romantique qui s’est envolée en quête d’un chaleureux foyer d’édition et je travaille sur un autre projet de roman historique.

Vous pouvez retrouver les actualités de Latitia Arnould sur Instagram

6 réflexions au sujet de “Rencontre avec une autrice : Laetitia Arnould”

  1. Merci pour cette belle interview ! 🙂
    Je ne savais pas que Laëtitia Arnould écrivait aussi des romances – et je suis tout à fait d’accord avec elle, ce genre est injustement décrié, beaucoup d’histoires aujourd’hui véhiculent de nombreux thèmes, parfois engagés, en plus de tourner autour d’une histoire amoureuse (sérieusement, il m’a fallu des années avant d’oser assumer que j’en écrivais, à cause de ce mépris de genre… il y a de bonnes et mauvaises histoires partout, pourquoi décrier un genre en particulier, alors qu’il y a des pépites en aussi grand nombre qu’ailleurs ?).
    Le Bois sans songe fait partie de mes prochains craquages Magic Mirror (mais j’aimerais d’abord lire ceux que j’ai déjà ! ^^ »), je note les autres titres ! 🙂

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s