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Autumn – Philippe Delerm : une ode à l’art et la beauté

Bonjour tout le monde ! Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler de ma dernière lecture. Il s’agit de roman Autumn de Philippe Delerm, une oeuvre retraçant la vie des peintres anglais préraphaélites.

Lecture commune avec Au Chapelier Lettré

Titre : Autumn

Auteur : Philippe Delerm

Editeur : Folio

Pages : 306

Autumn nous plonge en Angleterre entre 1850 et 1869, dans la vie des peintres préraphaélites. Une silhouette domine toutes les autres. C’est celle de Dante Gabriel Rossetti, peintre et poète, fils d’un ancien carbonaro. Chez lui, tout est contradiction : élan mystique et sensualité, rêve communautaire et individualisme forcené. Dans son ombre, une toute jeune femme, Elizabeth Siddal : sa pâleur presque diaphane, la rousseur de sa chevelure flamboyante en feront le modèle d’un type de beauté dont héritera tout le symbolisme européen. Elle sera la Béatrice des tableaux de Rossetti, l’Ophélie de John Evrett Millais. John Ruskin enfin, le grand critique et écrivain, règne sur cet univers par son autorité intellectuelle, en même temps qu’il lui est soumis par sa fragilité affective.Tous ces personnages mêlent leurs destins, se heurtent, se déchirent, jusqu’à la drogue et la mort.

Autumn. Voilà un titre parfait, une œuvre prédestinée pour mes lectures d’octobre et plus particulièrement mon Pumpkin Autumn Challenge. Surtout que son sujet, les peintres préraphaélites, m’attirait car j’adore l’esthétique de ce courant artistique. Ce roman nous plonge donc au milieu du XIXe siècle, pour suivre les passions artistiques de Dante Gabriel Rosseti, John Everett Millanais, et leurs muses, Elizabeth Siddal en tête.

La force d’Autumn, c’est la plume de son auteur. Elle est tout simplement magnifique. Pleine de touches de couleur et de poésie, elle reflète parfaitement l’éclat de l’art qu’elle dépeint et chaque paragraphe coulait tout seul, que ce soit dans mon esprit ou sur ma langue quand je me plaisais à lire à voix haute certains passages pour en apprécier la beauté. Philippe Delerm semble écrire comme ses peintres composent leurs tableaux. Ainsi, cette plume parvient à donner vie à des personnages imparfaits, fragiles et touchants. Vous aurez pitié de certains, vous en détesterez d’autres. Car ces artistes vivent dans un autre monde que le nôtre.

Il s’était éloigné de sa maison, de sa mère, de Christina. Mais on ne quitte pas l’enfance. On en garde la blessure, l’exigence, et des visages restent là, inflexibles témoins de ce qu’il faut donner pour essayer de se mériter soi-même.

Autumn, c’est une histoire d’art et d’amour. Plus précisément, une histoire d’amour de l’art. C’est la rencontre entre Dante Gabriel Rossetti, peintre aussi talentueux que fougueux, avec la belle et diaphane Elizabeth qui deviendra sa muse. Lizzie est sans doute mon personnage préférée, figure tragique dans la réalité, qui ici trouve toute sa ressemblance à Ophélie et Béatrice, les figures féminines qu’elle a souvent joué pour ses protecteurs. Je l’ai trouvée beaucoup plus mature que son amant, Rossetti, un homme plein de contradiction, autant pétri de talent que d’orgueil, clamant son amour tout en étant volage. Il agit comme un enfant dans son comportement de génie dévoré par son art. Il aime Elizabeth comme on aime une image et ce qu’elle nous évoque. Il tombe amoureux d’une muse, mais pas d’une personne. Et cela sera fatal.

A côté de cela, nous avons l’idylle plus sage entre John Everett Millais (le peintre de la sublime Ophélie, un tableau qui me fascine) et Euphemia Ruskin, dite Effie, prisonnière d’un mariage sans amour avec John Ruskin, un imminent critique d’art. Cette passion presque platonique m’a davantage touchée, car elle m’a semblé plus sincère et solide, ce que l’Histoire semble confirmer. Et puis, elle se construit en opposition à Ruskin, un homme qui je déteste par son comportement puéril, presque pervers envers sa femme, lui qui l’ignore et refuse de la toucher tout en la poussant dans le bras d’autres hommes pour la forcer à la faute, ce qu’Effie ne fera jamais. Ruskin l’a rencontrée quand elle était petite fille, puis il l’a épousée, mais s’est désintéressé d’elle quand elle est devenue adulte. Son étrange fascination pour une autre fillette, Rose, me met profondément mal à l’aise.

Ne laissez pas ce dernier commentaire vous faire croire que je n’ai pas apprécié ma lecture. Au contraire, j’admire Delerm pour avoir réussi les portraits de ces personnages complexes, mêlant la réalité au romanesque sans tomber complètement dans l’un ou dans l’autre. Pour moi, Autumn est le mélange parfait, une œuvre rendant hommage à ces artistes talentueux à défaut d’être des hommes de bien. Si vous tentez ce voyage au pays de la beauté et des muses, laissez vous bercer par l’art de sa plume.

D’autres avis sur Autumn : Du côté de chez Cyan, Bazar de la Littérature, Tenseki

1 réflexion au sujet de “Autumn – Philippe Delerm : une ode à l’art et la beauté”

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