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Fin de partie – Mérida Reinhart : une merveille en manque de temps

Bonjour tout le monde ! Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler de ma dernière lecture. Il s’agit de Fin de Partie de Mérida Reinhart, dernier né de Magic Mirror Editions. Ce roman me donnait envie depuis son annonce, car il a été un coup de coeur pour l’ensemble du commité de lecture. Ce ne fut pas le cas pour moi, même s’il reste une excellente lecture.

Titre : Fin de partie

Autrice : Mérida Reinhart

Editeur : Magic Mirror

Pages : 268

Alaïs Dronning est la flouturière la plus en vogue de Wonderland. Elle amadoue les fleurs et confectionne ainsi des vêtements à nuls autres pareils dans sa petite boutique, tout près de l’enseigne tenue par son ami de toujours, Hatta, le Chapelier.

Un beau matin, le Roi Rouge en personne frappe à sa porte pour lui passer commande d’une robe si belle qu’elle sera garante de la paix avec la terrible Reine Blanche, ennemie séculaire du royaume. Accompagnée du redouté Chevalier de Cœur pour dénicher les plantes les plus rares, elle se met au travail. Mais la Reine Blanche n’a pas dit son dernier mot.

À quel moment le présent est-il devenu malédiction ? Alaïs l’ignore. Tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle risque sa tête, piégée au cœur d’un complot dont elle ne soupçonne pas la portée.

Il était une fois Wonderland. Un pays plein de merveilles et de surprises, où les fleurs comme les animaux peuvent parler, où l’excentricité cohabite avec la magie. Un royaume divisé depuis des années par une terrible guerre entre la Reine Blanche et le Roi Rouge. C’est dans ce monde que vit Alaïs Dronning, talentueuse flouturière, en compagnie de son ami Hatta, le chapelier. Son destin va basculer le jour où le Roi Rouge va quérir son aide pour une alliance de paix avec l’ennemie…

Fin de Partie est la nouvelle parution de la collection Bad Wolf, consacré aux antagonistes de contes. Après avoir inventer une suite au Capitaine Hook de J.M Barrie dans Tant que vole la poussière de Cameron Valciano, l’éditeur spécialisé dans les réécritures de conte s’offre cette fois la talentueuse Mérida Reinhart pour un prequel de l’œuvre de Lewis Carrol : Alice au pays des Merveilles et Alice de l’autre côté du miroir. L’autrice choisit donc deux personnages emblématiques de cet univers : la Reine Rouge et la Reine de Cœur. Souvent confondues alors qu’elles apparaissent dans des romans différents, elles sont ici rassemblées en un seul et même personnage : Alaïs. Comme la talentueuse flouturière va-t-elle devenir cette figure tyrannique et sanguinaire connue de tous ?

C’était un fait qu’Alaïs ignorait. Tout comme le fait qu’un chat pouvait rire. Et celui-ci ne s’en priva pas. Il rit à s’en fêler les côtes, à rouler en bas de la pente. Fort heureusement, il n’eut qu’à se matérialiser à nouveau près d’eux, en un nuage coloré et doux.

Mérida Reinhart a une plume simple, mais très efficace, ce qui explique pourquoi j’ai pu lire cette histoire d’une traite, sans m’arrêter. Il ne m’a fallu qu’une après-midi pour la dévorer. Là où certains archétypes et éléments scénaristiques déjà vus font leur apparitions, l’autrice parvient tout de même à nous mener dans une intrigue où l’on se laisse glisser sans à-coups. J’ai été séduite, moi qui d’habitude suis peu friande d’histoire d’amour. Par ses images évocatrices, la romancière parvient à recréer l’univers si particulier du Pays des Merveilles, allant même à lui donner un certain sens. En tant que prequel, elle parvient à justifier quelques éléments de l’œuvre originale sans jamais la dénaturer. Les amateurs de Lewis Carrol devraient donc trouver leur bonheur dans ce prequel original qui, dans sa fin innovante, parvient même à réinventer les aventures d’Alice au pays des Merveilles.

Interview de Mérida Reinhart pour la sortie de Fin de Partie

Le tout est peuplé d’une multitude d’idées et de trouvailles. Je pense notamment au métier de flouturière qui, comme son nom l’indique, mélange ceux de fleuristes et de couturière. Alaïs excelle dans cet art et de nombreux passages nous le prouvent. Son rapport aux fleurs et sa façon de les travailler pour en faire des robes sublimes est l’un des aspects les plus originaux du roman. J’ai adoré les nombreuses fleurs qui nous sont présentées, leurs aspects enchanteurs, leurs différents caractères et leurs utilisations.

Le territoire rouge, dans lequel Alaïs avait grandi, n’avait que peu de règles. Ne pas porter de blanc en était une tacite. De toute façon, il ne serait venu à l’idée de personne de se couvrir des couleurs de ceux qui, depuis près de vingt ans, leur faisaient la guerre pour une histoire de tartine. Ou de tarte, elle n’était plus tellement sûre. Tout cela était trop lointain.

Quand on passe du temps dans un univers aussi immersif, forcément celui-ci passe vite. D’ailleurs, il est incarné dans un personnage en chair et en os, sorte d’entité toute puissante et omnisciente, à qui on ne peut jamais se fier. Le temps était déjà malmené dans Alice de l’autre côté du miroir où la Reine Blanche était capable de se souvenir du futur. Ici, ce pouvoir est en possession du chapelier, quelques fois victimes de visions prophétiques. Chaque personnage possède un don étrange, que je préfère vous laisser découvrir par vous-même. Outre le temps, la thématique du destin est abordée. Comment échapper à sa destinée quand elle ne nous promet que malheurs et douleurs ? En détournant le cliché de l’élue, Mérida Reinhart plante les fondations d’une tragédie tout en douceur, basculant de la merveille au cauchemar, de la blancheur au sanglant.

Seul bémol : Fin de Partie manque de temps. Face à un roman d’un tel potentiel, j’avais besoin de plus. Il est trop court et méritait d’être plus développé, notamment la transition d’Alaïs vers une noirceur inévitable ou le personnage de la Reine Blanche, à peine esquissé et laissant derrière lui une certaine frustration. À cause de cela, j’avais l’impression qu’il me manquait un élément, d’être passée à côté de quelque chose dans la dernière partie pourtant réussie. Si l’autrice évite de tomber dans le piège trop flagrant du triangle amoureux, j’aurais préféré qu’elle ne s’encombre pas du béguin évitable et passager d’Alaïs pour un tiers personnage en début de roman, pour plutôt bâtir dès le début l’histoire d’amour qu’elle choisit de suivre ensuite. Des « problèmes » facilement corrigeables en développant davantage l’intrigue, donc. Heureusement, la fin du roman rattrape tout ça. Elle donne tout son sens à l’œuvre et son titre judicieusement trouvé, replace ce prequel dans l’univers de Caroll et toutes ses particularités, allant jusqu’à réinventer l’original. Rien que pour ce final qui vous mettra le cerveau à l’envers comme de l’autre côté d’un miroir, Fin de Partie réussit son pari.

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