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Fées, Weed et Guillotines – Karim Berrouka : de la fantasy à la sauce piquante

Bonjour tout le monde ! Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler de ma dernière lecture. Il s’agit de Fées, Weed & Guillotines de Karim Berrouka, lauréat du Prix Elbakin 2014.

Titre : Fées, Weed & Guillotines

Auteur : Karim Berrouka

Editeur : J’ai Lu

Pages : 382

La dernière fois que Jaspucine a mis un pied dans le monde des hommes, elle en a littéralement perdu la tête : la Révolution française n’a pas été une période très profitable pour les créatures féeriques. Sauf pour Zhellébore, l’enfoirée qui l’a envoyée à l’échafaud. La vengeance étant un plat qui se mange froid, Jaspucine est bien décidée à retrouver la traîtresse. Même si pour cela elle doit s’attacher les services d’un détective. Mais à force de remuer ciel et terre, c’est sur une conspiration bien plus grande que la fée et l’enquêteur vont tomber

Voici l’une des plus vieilles reliques de ma PAL. Je ne sais même plus comment il est arrivé juste ici, où j’en avais entendu parler, si quelqu’un me l’avait recommandé… Dernièrement, en faisant le planning de mes lectures pour le blog, j’ai décidé de piocher dans cette pile bien trop ancienne. En jetant un coup d’œil sur le résumé, je me suis aussitôt souvenue pourquoi j’avais acheté ce roman en premier lieu. Car ce n’est pas tous les jours qu’on plonge dans une intrigue où Charlotte Corday est liée à une fée jurant comme un charretier…

Le jour où les hommes comprendront qu’il existe des récompenses plus nobles que l’argent, il pleuvra des burnes de gobelin… Je peux vous payer en livres ?

La particularité de ce roman, c’est de mêler fantasy et film noir dans notre monde actuel. D’une part comme de l’autre, nous avons les archétypes bien connus, mais revisités à la sauce Berrouka. On a par exemple le détective privé un peu désabusé et son acolyte, un policier haut gradé. Une femme fatale pour compléter ce trio ? Oui, mais pas dans le sens habituel : Jaspucine n’est pas une séductrice, mais elle a la fâcheuse tendance à apporter un gros lot de soucis. Quand elle pénètre dans le bureau de Marc-Aurèle en lui demandant de retrouver une femme au sourire sournois ayant la fâcheuse tendance à trainer près des berceaux, notre détective est loin de s’imaginer dans quoi il va se fourrer…

L’auteur revisite également les mythes associés au petit peuple (les changelins, la vulnérabilité au fer et au sel) et les développe comme élément clés à son histoire. On part donc sur une histoire d’échange de bébés, d’un autre monde caché aux yeux des hommes et d’un antagoniste aussi fun qu’inquiétant : le nuiton (une espèce de gamin immortel qui peut endormir tout le monde et raffole de pierres précieuses pour le goûter. Ah oui, j’oubliais ! Il a une passion pour la décapitation de fées ! Et là, vous vous souvenez peut-être de notre chère Charlotte Corday…) Car Karim Berrouka associe toute cette mythologie avec l’Histoire de France. Il se permet de réécrire la Révolution française du point de vue de ces êtres inadaptés aux Hommes. Le résultat est hilarant.

Asseyez-vous, vous semblez essoufflée.

– Je vous semble ? Douze étages… Faut avoir un grain pour construire des édifices aussi hauts… Ça tient de la démence.

– Ne me dites pas que vous êtes montée à pied…

– Bien sûr que je suis montée à pied. Vous avez une meilleure solution ?

– L’ascenseur…

– Connaît pas. 

Autres points forts : les répliques cinglantes et l’humour complètement barré. L’auteur s’est donné à cœur joie et réussit son pari, car c’est ce style si particulier qui élève cette œuvre au-dessus des autres. Il s’incarne dans les personnages ubuesques jalonnant l’intrigue, surtout les créatures de l’autre monde, complètement burlesques dans leur décalage avec le nôtre. Je pense surtout à Jaspucine, l’élément déclencheur de toute cette enquête, fée excentrique propulsée dans un univers dont elle ne connait aucun code, ce qui provoque pas mal de gags. Sa dynamique avec Marc-Aurèle est parfaite et je regrette même de ne pas en avoir eu davantage. Eh oui, un roman qui se lit aussi bien nous paraît drôlement court !

Ce roman est donc un mix d’absurde, de péripéties, de vulgarité poétique, saupoudré sur la fin d’une poudre douce-amère. C’est un véritable page-turner qui a frôlé le coup de cœur. Et vous, partirez-vous à la rencontre de ces fées complétement déjantées ?

2 réflexions au sujet de “Fées, Weed et Guillotines – Karim Berrouka : de la fantasy à la sauce piquante”

  1. Ah oui, je n’en avais jamais entendu parler de ce titre-là !

    Je n’ai jamais lu cet auteur, je me suis toujours demandé si son humour allait prendre avec moi – je suis du genre à comprendre les blagues les plus stupides 24h après tout le monde, et mon humour à moi est cynique et pas politiquement correct du tout; du coup, je redoute de passer complètement à côté et de me sentir vieille conne aigrie ^^

    Aimé par 1 personne

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