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Lupus in Fabula – Jérôme Akkouche : loup y es-tu ?

Bonjour tout le monde ! Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler de ma dernière lecture : Lupus in Fabula, premier roman de Jérôme Akkouche. Et pour une première fois, c’est une réussite.

Titre : Lupus in Fabula

Auteur : Jérôme Akkouche

Editeur : Le Chat Noir

Pages : 290

Paris, 1925.
La Grande Guerre a vu s’affronter des troupes d’un genre nouveau, nées de la folie des hommes. Des soldats cybernétiques français, conçus par Marie Curie, ont défait les Mutants, mi-hommes mi-animaux, de l’Allemagne. Amadeus Wolf, créateur du Mutagène, a fui un Berlin en pleine débâcle et s’est réfugié chez l’ennemi, à Paris, où, métamorphosé en homme-loup et sous un faux nom, il a ouvert un cabinet de psychanalyse. Il pense avoir réussi à disparaître, jusqu’au jour où une mystérieuse patiente, tout de rouge vêtue, vient ranimer d’anciens et douloureux souvenirs… Commence alors une course éperdue dans la capitale teintée de radium, pour Wolf qui, devenu proie, tente d’échapper à ses ennemis d’hier et d’aujourd’hui, aux ombres du passé et aux menaces de l’avenir, tout en cherchant, toujours, une inaccessible rédemption…
Lupus in Fabula vous entraînera dans un Paris, éblouissant et irradié, où les contes de fées et le réel s’entremêlent, à la découverte du Gatsbypunk, le steampunk des Années folles !

Voilà un roman qui m’a intéressée dès les premiers teasing de son auteur Jérôme Akkouche. Cet intérêt croissant s’est confirmé quand les éditions du Chat Noir ont révélé le résumé et la couverture de Lupus in Fabula. Il faut dire qu’un récit mêlant Première Guerre Mondiale, steampunk et modifications corporelles, je connaissais déjà par la trilogie Leviathan de Scott Westerfeld et j’avais adoré. Alors je voulais découvrir la vision de cet auteur français, mélangeant uchronie et contes de fées, années 20 et psychanalyse. Le tout forme un cocktail parfait.

L’intrigue se déroule donc au lendemain d’une Grand Guerre écourtée par des avancées terrifiantes, notamment un mutagène inventé par Amadeus Wolf, transformant les mourants en animaux anthropomorphiques, d’après leur psyché. Le scientifique allemand a lui-même profité de son invention et a découvert qu’il portait bien son nom, car le voici transformé en loup. Fuyant ceux qui veulent utiliser son mutagène à leurs avantages, Amadeus a trouvé refuge à Paris, sous une nouvelle identité, jusqu’au jour où il fait la rencontre d’une mystérieuse femme au chaperon rouge

La première chose qui m’a sauté aux yeux, c’est la qualité de la plume. Elle est magnifiquement travaillée, l’auteur possédait un vocabulaire riche et varié. Cet aspect m’a fait accrocher à ma lecture, puis je me suis laissée emportée par le rythme endiablé. Une chose est sûre : dans Lupus in Fabula, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Les péripéties s’enchainent et Amadeus ne souffle jamais, fuyant deux forces ennemies prêtes à s’arracher son savoir. Ses mésaventures sont ponctuées de flash-back pour comprendre l’homme qu’il était avant de céder à l’animal, ainsi que tous les enjeux d’un tel mutagène.

Les personnages déambulent dans un Paris qualifié de gatsbypunk (selon les mots même de l’auteur), qu’on pourrait définir comme le steampunk des années 20. J’admire particulièrement le monde réinventé par Jérôme Akkouche, que ce soient des détails (les rouges à lèvres ont par exemple été remplacés par les verts à lèvres, en référence à la couleur du radium popularisé par Marie Curie) ou le fonctionnement même de ce monde, entre les Authentiques (les humains comme vous et moi) ou les Modifiés (d’un côtés les Mutants, de l’autre les Cybernétiques). Le tout est sublimé par une véritable déclaration d’amour de l’auteur envers la littérature européenne (sauriez-vous retrouver tous les clins d’œil ?) et les courants artistiques des années 20 (de nombreux caméos ponctuent ces pages). L’inspiration la plus flagrante est celle des contes de fées (et leur adaptation par Disney) et la passionnée que je suis en était ravie.

Au début, j’avais du mal à m’attacher à Amadeus Wolf, avant de comprendre que c’était tout à fait normal. L’auteur ne cherche pas réellement à en faire un protagoniste sympathique car, au fur et à mesure qu’il se dévoile, nous constatons la grandeur du monstre qui se dissimulait en lui, bien avant sa transformation en loup. Il n’y a pas vraiment de « gentils » et de « méchants » dans Lupus in Fabula. Les différents partis sont loin d’être manichéens et chacun a beaucoup de sang sur les mains. Parlons-en de ce côté sanguinaire. Certaines scènes m’ont mis profondément mal à l’aise et relèvent selon moi de l’horreur. Ce côté dérangeant s’illustre dans ces êtres mi-humains mi-animaux et la frontière floue dans leurs mœurs (peut-on parler de zoophilie ? De cannibalisme ?). Un roman que je ne mettrais pas dans toutes les mains donc, mais qui apporte une réflexion intéressante sur la psyché humaine, la guerre et ses conséquences.

D’autres avis sur Lupus in Fabula : Au pays des caves trolls, Les tribulations de Miss Chatterton, Les histoires de Lullaby.

3 réflexions au sujet de “Lupus in Fabula – Jérôme Akkouche : loup y es-tu ?”

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