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Le Respir – Saintclair HJ : spleen et beauté morbide

Bonjour tout le monde ! Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler de ma dernière lecture : Le Respir de Saintclair HJ. Cette novella s’inscrit dans la catégorie « Sois vent, rêve, cendre et néant / Sois nuit, noir, âme et souhait » de mon Pumpkin Autumn Challenge.

Titre : Le Respir

Auteur : Saintclair HJ

Editeur : Le Chat Noir

Pages : 116

Pierre Francillon est un lycéen suicidaire, persuadé d’avoir causé la mort de son professeur de lettres par la simple pensée. Traumatisé, il repousse toutefois l’instant où il mettra fin à ses jours lorsqu’il découvre que son remplaçant ne respire pas : mort et vivant à la fois. Obsédé par cette révélation, il développe une fascination morbide pour ce jeune enseignant. Alors que son entourage tente par tous les moyens de tempérer sa névrose, Pierre débute une enquête sur ce mystérieux personnage. Se construit alors une relation idolâtre avec la mort elle-même, entre attirance maladive et répulsion instinctive.

Nous voici face à un OVNI littéraire, même si le terme est peut-être mal choisi. Nulle apparition extraterrestre, puisque nous sommes dans une ambiance gothique, macabre, flirtant sans cesse avec le malaise. Nulle apparition fantomatique non plus, si ce n’est la culpabilité hantant l’esprit de Pierre. Non, l’apparition est celle d’une créature donnant son titre au roman : un Respir. Vampire ? Mort-Vivant ? Un peu de tout ça à la fois. C’est à travers le regard fasciné d’un lycéen que nous allons en apprendre davantage.

Il y a quelque chose de glauque, de dérangeant dans cette lecture. Pourtant, elle a exercé sur moi une étrange fascination, façonnée par une plume ciselée. A la manière de Baudelaire et sa Charogne, l’auteur parvient à rendre magnifique le morbide. Saintclair HJ travaille chaque phrase comme un poème. Sans être pompeux, cela glisse tout seul, narré par l’esprit tumultueux de Pierre, son protagoniste.

Il y a quelque chose d’ancien dans les décors (pourtant, l’intrigue se déroule bien à notre époque, avec un clin d’œil à l’actualité récente) : le Paris dépeint est celui des cimetières et catacombes. Il est froid, gris, humide, poisseux. L’ambiance est le parfait reflet du tourment de l’adolescent muet et solitaire. Doté d’une mère alcoolique et d’un père noyé par son travail, Pierre est suicidaire. La rencontre avec son nouveau professeur de lettres va lui offrir une nouvelle perspective sur la vie, la mort et leur entre-deux. Soyez toutefois prévenus : les thématiques pourraient déranger certains lecteurs. On parle bien d’une obsession envers la mort, d’une relation qui n’a rien de sain et plus généralement une tendance à sublimer le morbide. Passez donc votre chemin si un tel récit vous dérange. Pour ma part, je ne suis pas près d’oublier ces quelques pages.

D’autres avis sur Le Respir : OmbreBones, Maud Elyther

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5 réflexions au sujet de “Le Respir – Saintclair HJ : spleen et beauté morbide”

  1. Cela fait plusieurs fois que je le vois passer et je reconnais être de plus en plus intriguée même si cette ambiance qui flirte avec le malsain me fait un peu peur. En tout cas, ça a l’air d’une lecture qu’on n’oublie pas…

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  2. Merci pour le lien ! Je suis assez d’accord avec toi sur ce que tu écris. Une novella étonnante qui en dérangera certain·es mais qui a aussi exercé sur moi une forme de fascination malsaine.

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