Ecriture, Interview d'auteur

Rencontre avec une autrice : Mérida Reinhart

Bonjour tout le monde ! Je vous retrouve aujourd’hui pour vous proposer une nouvelle interview d’auteur. J’accueille cette fois la prometteuse Mérida Reinhart, dont le nouveau roman Fin de Partie sort aujourd’hui 15 novembre.

Bonjour Mérida et bienvenue sur le blog ! Je te remercie de m’accorder cette interview 🙂 Et si on commençait par parler un peu de toi ?

Quel est ton parcours d’autrice ?

Je suis publiée depuis 2020, et je suis actuellement engagée auprès de 5 maisons d’édition différentes en fonction des histoires que j’ai/je vais publier. Certaines sont très spécialisées (réécriture de conte, romance historique, LGBT), d’autres sont généralistes. Avant de me lancer, j’ai écrit pas mal de fanfictions, pour me faire la main, et pour le plaisir tout simplement ! J’ai également participé à des concours de poésie, adolescente. 

Discutons un peu de tes goûts littéraires : as-tu un genre préféré ? Un genre qui n’est pas du tout ta tasse de thé ?

J’adore tout ce qui est SFFF avec une nette préférence pour la Fantasy et le Fantastique. La Romance est aussi mon dada (surtout feel good et historique). En revanche, je ne lis jamais d’horreur et assez peu de thriller (trop sanglants). Je trouve que le monde est déjà assez dur sans en rajouter dans mes lectures ! À l’inverse, j’aime m’évader, voyager dans de nouvelles contrées.

Si tu devais ne choisir qu’un seul livre, lequel serait-ce ? Un seul auteur ? Un seul personnage ?

De combien de temps est-ce que je dispose pour me décider ? Non parce que ça peut être long ! (rires). Bon… si vraiment, là, je devais répondre pour sauver ma vie, je pense que je dirais Orgueil et Préjugés/Sarah J Maas/Aragorn ! C’est un peu éclectique, mais ça résume assez bien mes lectures et mes univers. 

Sur ce blog, j’adore faire découvrir de nouvelles merveilles à mes lecteurs. As-tu un dernier coup de coeur à nous conseiller (livre, film, série…) ?

Du point de vue des lectures, je suis un cœur d’artichaut ! J’ai un coup de cœur tous les mois. Bien sûr, certains sont plus forts que d’autres. Le dernier en date est pour l’album Grimoire noir de Vera Greentea : une histoire de sorcières et d’enquête après la disparition d’une petite fille, au sein d’une ville maudite.

Tout le monde aborde l’écriture d’une manière différente. Quand je rencontre une collègue autrice, je m’intéresse toujours à sa manière de faire. 

Quel type d’autrice es-tu ? L’architecte qui planifie tout à l’avance ou la jardinière qui se laisse porter et surprendre par son histoire ?

En fait, je suis une jardinière anglaise ! Autrement dit, un mélange des deux. J’essaye de faire croire que tout a poussé naturellement alors qu’évidemment, il y avait un plan avec le déroulé de l’histoire et des fiches de personnages. Seulement voilà, il y a parfois des imprévus qui surgissent pendant mon écriture. Tel personnage dit une phrase comme s’il prenait vie ; un autre apparaît d’on ne sait où ; ce qui devait être une révélation devient un secret, etc. C’est assez amusant, ou dramatique, car dernièrement un personnage s’est sacrifié pour les autres, alors que j’avais prévu qu’il vive ! 

Quel processus dans l’écriture d’un roman te plaît le plus ? Au contraire, qu’apprécies-tu le moins ?

J’adore le moment où les idées germent, où les personnages prennent vie devant moi. C’est excitant d’avoir ce morceau de vie à raconter parce que j’espère toujours que ça représentera un beau/bon moment de lecture pour ceux qui voudront se plonger dedans. À l’inverse, je n’aime pas les corrections… je les fais, bien évidemment, mais au bout d’un moment je ne vois plus les fautes tant j’ai lu et relu mon texte et ça devient très stressant. 

Quelle est ta plus grande fierté en tant que romancière ?

Ma plus grande fierté est de proposer des histoires d’univers différents à mes lecteurs, mais qui peuvent toujours leur procurer un sentiment positif. Je joue sur plusieurs univers (LGBT, réécriture de contes et légendes, période régence, feel good, fantasy, romance de Noël) et j’espère arriver à me diversifier encore. 

Aurais-tu des recommandations à donner aux écrivains débutants ?

Bien réfléchir à votre histoire : qui sont les personnages ? Quel est leur problème ? Leur but ? Comment y arrivent-ils et pourquoi ? Ce sont des questions basiques, mais c’est là tout le fil de trame d’un roman. Si on loupe une étape, on court le risque de se retrouver coincé !
Une fois que c’est fait, il reste deux choses : ne pas systématiquement se comparer aux autres (personne n’écrit pareil, même s’il est salutaire d’avoir des modèles) et se remettre en question (parce que oui, certains lecteurs n’aimeront pas votre histoire et, oui, certaines critiques seront justifiées !).

Tu as publié récemment Un Noël qui a du chien et Mortels Entremets aux éditions Legacy, deux romances feel good. Qu’est-ce qui t’attire dans ce genre ? peux-tu revenir sur la genèse de ces deux romans ?

C’est un genre que je lis régulièrement parce que ce sont des histoires tendres, romantiques, légères et qui pourtant recèlent le plus grand secret de l’univers : il faut vivre sa vie. Il faut oser. Il faut rêver. On ne le fera pas pour nous. Il suffit d’une rencontre, d’un objet, pour arrêter de courir après des choses inutiles et qui nous pourrissent l’existence ! Le feel-good c’est l’anti-déprime de notre génération. C’est ce qui remet les pendules à l’heure dans un monde où tout va trop vite.
C’est exactement ce que j’ai voulu transmettre dans Un Noël qui a du chien et Mortels Entremets.
Le premier se passe à cheval entre le milieu de l’édition et le milieu animalier. C’est un roman qui évoque la cruauté aussi bien des collègues de bureau que de l’homme envers l’animal. C’est aussi un roman sur les fausses apparences, j’ai l’habitude de le situer entre Bridget Jones et Orgueil et Préjugés dont il est une sorte de réécriture moderne.
Le second se passe dans l’univers de la pâtisserie. Univers masculin, s’il en est, où la place de la femme est encore problématique. Qui plus est, l’héroïne a une guigne faramineuse et pourrait tout laisser tomber. Mais épaulée par les bonnes personnes, elle reprend confiance en elle. Elle se bat jusqu’au bout alors qu’on ne lui fait pas de cadeaux. Un Noël qui a du chien est inspiré d’expériences du quotidien ainsi que de mes deux adorables Shibas. Mortels Entremets est parti d’une discussion complètement loufoque avec mon conjoint et a finalement pris vie ! Le mème internet est vrai : je suis écrivain, tout ce que vous direz pourra être utilisé dans mes romans 😉 

Tu te distingues également dans l’écriture d’homoromances. Comment es-tu venue à te consacrer à ce genre ?

Je pense que j’y suis venue pour deux raisons. La première, c’est la lecture de mangas et de fanfictions Yaoi. La seconde, c’est qu’un certain nombre de mes amis a beaucoup souffert du rejet des autres à cause de leur sexualité. Cela m’a touchée et révoltée. C’est une façon pour moi de contribuer à éveiller les consciences. 

Y a-t-il des romans LGBT que tu nous conseillerais ?


Un certain nombre en effet ! Mais tout dépend de ce que vous cherchez à lire.
– Pour un feel-good mignon : Rat des champs de Valentine Stergann
– Pour un roman Young Adult : Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers de Benjamin Alire Sáenz
– Pour une romance paranormale : De l’autre côté des ombres de Noëmie Auke et Le clan des Bennet de TJ Klune
– Pour une romance historique/mythologique bouleversante : Le chant d’Achille de Madeline Miller
– Pour de la fantasy sexy/pimentée : Prince captif
– Pour du drame : Fractures d’Emy Bloom

Alaïs Dronning est la flouturière la plus en vogue de Wonderland. Elle amadoue les fleurs et confectionne ainsi des vêtements à nuls autres pareils dans sa petite boutique, tout près de l’enseigne tenue par son ami de toujours, Hatta, le Chapelier.

Un beau matin, le Roi Rouge en personne frappe à sa porte pour lui passer commande d’une robe si belle qu’elle sera garante de la paix avec la terrible Reine Blanche, ennemie séculaire du royaume. Accompagnée du redouté Chevalier de Cœur pour dénicher les plantes les plus rares, elle se met au travail. Mais la Reine Blanche n’a pas dit son dernier mot.

À quel moment le présent est-il devenu malédiction ? Alaïs l’ignore.

Tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle risque sa tête, piégée au cœur d’un complot dont elle ne soupçonne pas la portée. Épaulée par le Chapelier, accompagnée d’un étrange Chat de la Lune, aux confins de Wonderland, elle va devoir se trouver elle-même ou tout perdre.

Fin de partie sort le 15 novembre chez Magic Mirror Editions, éditeur spécialisé dans les réécritures de contes. Et si nous découvrions ceux qui ont fait de toi celle que tu es aujourd’hui ?

Quel conte te faisait peur quand tu étais petite ?

Le conte de Barbe bleue me faisait très peur ! Mon imagination débordante me peignait sans peine la pièce des ex-femmes de Barbe-Bleue ! 

Un conte qui te faisait rêver ?

La Belle et la Bête. C’est toujours le cas, d’ailleurs. Il reste mon conte préféré. Celui qui me parle le plus. 

Peux-tu nous raconter comment tu as été mené à écrire pour Magic Mirror Editions ?

J’ai d’abord été une lectrice de Magic Mirror Éditions et j’ai beaucoup aimé ce que j’y ai découvert. Puisque j’avais déjà signé quelques contrats, je me suis prise à rêver de leur proposer un texte, un jour, mais sans vraiment oser. Et puis, deux événements se sont télescopés. Le premier, personnel, m’a beaucoup éprouvée et je me suis tournée vers des choses familières pour le dépasser (Alice, on l’aura deviné). Le second a été la lecture de Tant que vole la poussière de Cameron Valciano. Ce récit m’a bouleversée et transportée. Il m’a décidée à envoyer ce que j’avais écrit à Magic Mirror parce que je voulais être de l’aventure ! 

Si tu devais choisir 3 mots pour décrire Fin de partie, que dirais-tu ?

Amour. Déni. Pouvoir

Tu as choisi de réécrire Alice au Pays des Merveilles. Y a-t-il une réécriture de cette oeuvre que tu apprécies particulièrement ?

Le ballet de Christopher Wheeldon !
En « livre », je n’ai rien qui me vienne à l’esprit, j’avoue. Plus jeune je me suis beaucoup amusée avec le jeu vidéo Alice Madness Return en revanche. 

Alice’s Adventures in Wonderland – Christopher Wheeldon

Alice au Pays des Merveilles est une oeuvre que j’adore, mais en tant qu’autrice je n’oserai jamais m’approprier cet univers si particulier, de peur de le dénaturer. Comment as-tu relevé un tel défi ? As-tu des conseils à donner pour le réussir ?

Avec un univers comme celui d’Alice, je pense qu’il est impossible de tout traiter. L’œuvre de Lewis Carroll est tellement riche et puissante qu’il faudrait des sagas entières pour essayer de tout aborder. Je me suis concentrée sur ce qui me parlait le plus, et sur ce qui me semblait essentiel pour définir l’univers d’Alice : l’identité, la quête, l’imaginaire débridé, les personnages clefs de ce monde, les moments qui sont devenus des symboles d’Alice (la tea-party, le jeu d’échecs, etc.). J’ai ensuite brodé sur les blancs ou les interprétations laissés par l’auteur.
Le seul conseil que je pourrais donner est qu’il faut respecter l’esprit, pas la lettre ! 

Peux-tu nous parler de ton héroïne, Alaïs ? Qu’apportes-tu à cette version de la Reine de Coeur ? Quel regard poses-tu sur celle du conte et celle que tu as réinventée ?

Nous n’avons pas beaucoup d’informations sur la Reine de Coeur. Je sais qu’au moins deux autres histoires sont sorties exclusivement sur elle (dont une très récemment que je n’ai pas encore lue mais qui semble prendre un angle d’intrigue de cours royale). Pour ce qui est d’essayer de mesurer ce qu’Alaïs apporte à la Reine, je dirais que c’est une jeune femme qui est la proie de Wonderland. Sa présence souligne aussi bien le côté naïf et coloré de Wonderland que celui, plus obscur et irrationnel, qui couve chez Lewis Carroll. Parce qu’entre les récitations d’Alice, il faut bien reconnaître qu’il y a des aventures effrayantes pour une petite fille, cachées sous l’absurde. J’ai transposé ça chez une femme adulte. Qui plus est, la Reine du conte est une femme pétrie de colère et d’abus, mais qui n’arrive jamais à tuer personne. Ma Reine, à l’inverse, tue. Sa colère est une protection ou une revanche ; c’est pour elle le dernier bastion dans lequel elle peut se réfugier. Alaïs est donc un personnage fort, mais qui s’oublie au fil des pages. À mes yeux, cela rend la Reine de Coeur humaine. J’espère que c’est en tout cas ce que l’on dira d’elle. 

Fin de Partie est publié dans la collection Bad Wolf, consacrée aux antagonistes de conte. Comment as-tu abordé ce passage de l’antagoniste au protagoniste ?

Assez facilement en fait, puisque nous ne savons pratiquement rien de la Reine Rouge. Écrire son histoire, donner son point de vue était quelque chose de très libre. Je savais à quoi je devais arriver, le chemin n’appartenait qu’à moi. 

Quel est ton « méchant » de conte préféré ? Plus généralement, quel antagoniste (tous médias confondus) trouves-tu le mieux écrit ?

Mon méchant de conte préféré est la sorcière de la Belle au Bois Dormant parce que je trouve son côté « vexé » très amusant. Disney a bien modifié les choses, mais à la base la tradition de la fée qui n’est pas invitée à un repas/baptême date du Moyen Âge et a donné lieu à pas mal d’histoires. Une fée n’a pas de couverts en or, boum, malédiction. Une fée n’a pas été invitée, rebelote. Une fée a eu la parole coupée ? Je vous laisse deviner la suite… Finalement, nos bonnes fées tiennent plus de la sorcière que d’autre chose parfois.
Chez Disney, justement, mon méchant préféré est Hadès pour son humour. Et, tous supports confondus, l’antagoniste qui me plaît le plus est certainement Loki (Marvel). Ce personnage me donne des frissons. Il est terrible, émouvant, puissant et faible à la fois, drôle. C’est un méchant complexe et bien construit, qui sait pertinemment qu’il lutte contre lui-même et qui va jusqu’au bout. Lui aussi suit un parcours initiatique qui va le changer.

Plus qu’un antagoniste, tu as choisi de travailler UNE antagoniste. Quelle vision as-tu des « méchantes » dans la culture populaire ? Quelles pierres voulais-tu apporter à cet édifice ?

Je trouve que pendant longtemps les méchantes ont été trop cantonnées à des rôles de marâtres jalouses et stupides. Ou à des sorcières un peu folles qui maudissaient à tout va leur entourage. Finalement c’était le contrepoint de l’antagoniste mégalomane classique, qui voulait conquérir le monde… pour le fun. Comme si on naissait méchant. Mais pas du tout, on le devient, j’en suis convaincue. Parfois pour de très mauvaises raisons, parfois pour une très bonne mais, dans ce cas-là, on y perd toujours. Avec le XXe siècle, les choses ont commencé à bouger. Le XXIe achève de mettre les « méchantes » dans un autre rôle. Elles s’opposent aux héros pour des raisons/convictions profondes. Elles cherchent la vengeance pour avoir leur happy end. Elles ont des facettes multiples et c’est agréable. On notera aussi qu’elles ne sont plus ces femmes acariâtres et laides. La méchante devient, si ce n’est belle, au moins classe et intelligente. Reste à transformer l’héroïne qui, si elle est devenue moins cruche, reste dans les critères attendus de beauté de notre époque…
Je voulais me situer exactement dans cette lignée de femmes qui veulent contrôler leur destin, et qui se retrouvent du mauvais côté de l’histoire par « accident ». Fin de partie vous expliquera évidemment tout ça. Finalement, j’ai voulu creuser la question de ce qui nous rend méchants, ou de ce qui fait qu’on nous colle cette étiquette. La conclusion est que chacun voit midi à sa porte : ce qui est égoïste pour les uns est en fait une question de survie pour les autres. 

Selon toi, « il n’y a pas d’Alice sans reine rouge, et inversement« . Développes-tu ce lien dans ton roman, et si oui comment ? Est-ce une extrapolation de ma part, ou la ressemblance entre leurs prénoms, Alice et Alaïs, est-elle voulue ?

Je vois que tu as lu attentivement la présentation de Magic Mirror ! 😉  

En effet, il y a un lien entre Alice et la Reine Rouge. Je persiste, et signe ! (rires). Tout comme la proximité des prénoms est voulue et utilisée dans le roman. Je ne peux pas répondre entièrement à cette question sans vous gâcher le plaisir de la lecture, je dirais donc simplement que leur relation va au-delà du simple rapport habituel héros/antagoniste qui se forgent l’un l’autre. 

Se procurer Fin de Partie

Peux-tu nous dire quelques mots sur tes futurs projets ?

J’en ai un certain nombre. Plusieurs sorties littéraires sont déjà prévues pour 2022 et 2023 chez Bookmark et Harlequin : romance historique, romance YA, romance LGBT. Je sais, ça fait beaucoup d’amour tout ça ! Mais quand on aime, on ne compte pas et j’espère avoir le plaisir de vous retrouver au détour de l’un des ces projets ! 

Quant aux projets qui ne sont pas encore écrits, il se pourrait qu’une autre version de conte traîne dans mon esprit depuis quelque temps… 

Vous pouvez retrouver les actualités de Mérida Reinhart sur Facebook et Instagram

4 réflexions au sujet de “Rencontre avec une autrice : Mérida Reinhart”

  1. Le ballet de Christopher Wheeldon : Mérida cite ce ballet dans sa présentation sur Magic Mirror je crois; en tout cas, ce n’est pas la première fois que je vois passer cette référence. Je ne connais pas du tout, il va falloir que je zyeute ça !

    « Il se pourrait qu’une autre version de conte traîne dans mon esprit depuis quelque temps » –> attention, c’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde, ça ! C’est écrit, noté et entouré dans mon carnet de notes ^^

    Super interview en tout cas !

    Aimé par 1 personne

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