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Hamnet – Maggie O’Farrell : du deuil naît une tragédie

Bonjour tout le monde ! Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler de ma dernière lecture : Hamnet de Maggie O’Farrell. Il s’agit d’un roman pour mon Pumpkin Autumn Challenge, dans la catégorie Des Sakuma Drops au milieu des lucioles.

Titre : Hamnet

Autrice : Maggie O’Farrell

Editeur : 10/18

Pages : 400

Un jour d’été 1596, dans la campagne anglaise, une petite fille tombe gravement malade. Son frère jumeau, Hamnet, part chercher de l’aide car aucun de leurs parents n’est à la maison…

Agnes, leur mère, n’est pourtant pas loin, en train de cueillir des herbes médicinales dans les champs alentour ; leur père est à Londres pour son travail ; tous deux inconscients de cette maladie, de cette ombre qui plane sur leur famille et menace de tout engloutir.

Hamnet. Voilà un nom familier, qui vous interpellera peut-être lorsque vous poserez vos yeux sur cette couverture. Hamnet. Il y a quelque chose de différent, qui ne colle pas. Ah, mais oui, c’est ce « n » mal placé. En vérité, on dit « Hamlet », c’est le titre de cette œuvre qui nous est parvenu à travers les siècles pour devenir l’une des pièces de théâtre les plus célèbres de son créateur. Pourtant, nous parlerons bien d’Hamnet. Ce qu’il fut. Ou surtout ce qu’il n’est jamais devenu.

Hamnet, c’est l’histoire d’un petit garçon vivant dans la campagne anglaise, à la fin du 16e siècle. Hamnet n’a que onze ans, pourtant il est déjà au crépuscule de sa vie. C’est sa mort qui changera sa famille à jamais, pour le meilleur comme pour le pire. Principalement sa mère, Agnès, mais aussi son père, jamais nommé mais pourtant reconnu par le lecteur : William Shakespeare.

Elle apprend qu’il est possible de pleurer tout un jour et toute une nuit. Qu’il existe différentes manières de pleurer : des torrents qui brusquement se déversent, des sanglots profonds qui secouent le corps tout entier, des larmes silencieuses qui coulent sans qu’on le veuille, sans s’arrêter.

J’ai dévoré ce roman, tant l’écriture est belle et fluide. L’autrice nous dépeint cette campagne anglaise comme figée dans le temps, cette petite ville où tout le monde se connait, où les enfants jouent en toute innocence, où l’insouciance règne. On pourrait croire que le malheur n’y existe pas, tenu à l’écart par Agnès, cette femme aux doigts de fées dont les remèdes sauvent grand nombre. La maison du gantier, la ferme à l’autre bout du village, ce sont les décors d’un amour naissant et d’une tragédie inévitable. L’intrigue alterne entre le présent, où Hamnet et sa sœur tombent malade, et le passé, depuis la rencontre entre le dramaturge et celle qui deviendra sa femme.

En se penchant sur ce fait historique presque oublié, cet enfant qui a réellement existé, mais dont on ne sait presque rien, Maggie O’Farrell trouve le prétexte de dresser le portrait juste et touchant d’une famille. Il y a des parts d’ombre, comme ce grand-père violent dont le fils fera tout pour s’éloigner. Il y a aussi de la pureté dans l’amour qui unie les jumeaux, Judith et Hamnet, la même âme divisée dans deux corps. L’enfance, dans ce qu’elle a de plus tendre. Une enfance éternelle pour Hamnet, reposant à jamais dans les souvenirs de ses proches et dans les tirades composées par son père, qui écrira en son hommage l’une de ses plus belles pièces.

Enfin, Hamnet est surtout un portrait de femme. Agnes (que l’Histoire a préféré nommé Anne Hathaway) est un être à part, une enfant de la forêt capable de guérir grâce aux plantes, de comprendre les gens mieux qu’eux-mêmes. Elle possède un don de seconde vue, capable de percevoir l’avenir et ceux qui ne sont plus. Je me suis terriblement attachée à ce personnage, à la relation qu’elle noue avec son époux et leurs enfants. Pourtant, quelque chose se brisera en elle, incapable de sauver son fils et de le retrouver dans l’après. Hamnet donc, est une incarnation du deuil, de la perte d’un enfant et comment elle vous transforme au plus profond de vos entrailles. Un magnifique hommage à un enfant oublié et pourtant, dans les arts qui l’a inspiré, devenu immortel.

D’autres avis sur Hamnet : Anne se livre, Le temps libre de Nath, Le blog de Krol, Luocine, Maven Litterae.

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5 réflexions au sujet de “Hamnet – Maggie O’Farrell : du deuil naît une tragédie”

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