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Wilder Girls – Rory Power : des promesses décevantes

Bonjour tout le monde ! Je vous retrouve auourd’hui vous parler de ma dernière lecture. Il s’agit de Wilder Girls, un roman de Rory Power. On m’avait vendu cette histoire comme un Sa Majesté des Mouches au féminin, alors je m’y suis plongée avec beaucoup d’attentes… pour au final en sortir un peu déçue.

Titre : Wilder Girls

Autrice : Rory Power

Editeur : Collection R – Robert Laffont

Pages : 443

Voilà bientôt dix-huit mois qu’un mal inconnu, la Tox, a frappé l’île Raxter. Dix-huit mois que le pensionnat pour jeunes filles qui en occupe la pointe a été mis sous quarantaine.
D’abord, la Tox a tué les enseignantes, une à une, puis elle a infecté les élèves, dont les survivantes portent désormais ses monstrueux stigmates dans leur chair.
Coupées du reste du monde, cernées par les bêtes mutantes qui rôdent dans les bois alentour et livrées à elles-mêmes, celles qui restent n’osent plus sortir de l’enceinte de l’école. Jour après jour, elles attendent le vaccin que le gouvernement leur a promis.
Hetty et ses deux meilleures amies, Byatt et Reese, se serrent les coudes malgré les privations, bien déterminées à lutter ensemble jusqu’au bout…

Wilder Girls, c’est plus 400 pages que j’ai eu du mal à finir, une histoire qui avance peu et tourne en rond.  J’ai pris deux semaines pour terminer ce livre qui se lit pourtant bien par son style concis (un peu trop peut-être ?). Un vrai paradoxe. Contrairement à mes autres lectures, je comptais les pages avant la fin des chapitres et je n’étais jamais pressée de me remettre à ma lecture. Alors, pourquoi ?

Pourtant, Wilder Girls partait gagnant. Ce roman me donnait envie depuis la première fois que j’en ai entendu parler sur la sphère littéraire. On me vendait un roman horrifique féministe, un huis-clos encore plus glaçant que Sa Majesté des Mouches (ce sont les mots de l’éditeur, pas les miens). Certes, le concept est prometteur : sur une île au large du Maine, un pensionnat de jeunes filles isolé du monde suite à une terrible épidémie qui ravage ses occupantes. La Tox tue dans d’horribles souffrances. Le peu de survivantes s’en sort avec de terribles mutations et difformités : apparition de branchies, de pustules, d’une seconde colonne vertébrale sortant de la peau… Condamnée à vivre en quarantaine depuis plus d’un an, les filles luttent pour survivre grâce au peu de vivres envoyés par l’armée, au cœur d’une nature hostile. En effet, la Tox a également infesté la forêt et les animaux sauvages, transformant l’endroit paisible en détour mortel. Ne partez pas en randonnée, si vous ne voulez pas croiser la route de chevreuils cannibales !

La description de certaines scènes pourra peut-être vous retourner le cœur. Si vous n’appréciez pas le body horror, passez votre votre chemin ! Cependant, ce concept horrifique est, selon moi, pas assez exploité. Je n’ai jamais frissonné, je ne me suis jamais inquiétée pour les personnages. Plus glaçant que Sa Majesté des Mouches ? Loin de là ! L’autrice tenait une idée en or avec la Tox (qui par certains aspects me rappelait l’un de mes épisodes préférés d’X-Files), sans jamais aller plus loin que la surface. En tant que lectrice, j’imaginais des tonnes de théories concernant l’origine de la Tox, pour au final… Rien du tout ! Et je ne parle pas des pistes dessiminées dans l’intrigue, mais qui finissent sans réponses, oubliés par la romancière. Si j’apprécie d’habitude les fins ouvertes, celle-ci l’est trop à mon goût. Elle m’a semblée trop abrupte, arrivant après certaines révélations qui en demandent plus, mais que nous n’obtiendrons pas. Frustrant, donc.

Reese se tient toujours à l’écart, alors que, moi, j’ai toujours rêvé d’être la moitié de quelqu’un d’autre. Venir à Raxter, c’était comme si je n’avais jamais trouvé ma place jusqu’à ce que j’arrive ici. Comme si je ne savais pas qui j’étais avant que Byatt ne me le dise.

Autre point faible de ce roman : la narratrice, Hetty. En plus, de prendre des décisions idiotes qui mettent en danger ses camarades (même si elle n’est pas le seul personnage à agir de façon stupide), elle souffre du syndrome du personnage principal sans vraiment de personnalité marquante. Elle est lisse, fade, même sa mutation n’est pas intéressante (elle a simplement perdu un œil). C’est assez caractéristique du genre, pour que le lecteur puisse s’identifier plus facilement à la narratrice, puisque celle-ci ne fera pas clivage au sein du lectorat. Moins elle a de personnalité, moins elle aura des chances de déplaire. Cependant, moi il m’en faut plus, et c’est pour ça que je préfère souvent les personnages secondaires aux principaux. C’est le cas ici avec Byatt, la meilleure amie d’Hetty. Même si elle manque de développement comme toutes les autres, j’ai décelé en elle un peu plus de profondeur, un brin de noirceur, peut-être un côté mythomane sous-exploité. Les quelques pages de son point de vue, où la ponctuation se bouleverse dans le flux tumultueux de ses pensées troublées, étaient mes préférées, les seules où je ne m’ennuyais pas.

A part le fait que le casting complet soit féminin, je ne vois pas pourquoi certains qualifient ce roman de « féministe ». Rory Power choisit de mettre en scène une « histoire d’amour ». Même si elle reste secondaire à l’intrigue, elle me semble inutile. Au début, j’attendais avec intérêt la relation F/F car je croyais qu’elle serait entre Hetty et Byatt, leur relation étant la plus forte et la plus intéressante. Rien que la citation ci-dessus est plus forte que « l’autre choix ». Car l’autrice choisit de mener Hetty vers un autre personnage avec qui elle a peu d’alchimie, tombant dans le cliché du « je ne t’ai jamais calculé pendant tout ce temps, mais en fait j’ai des sentiments pour toi », avec en plus du « je suis violente avec toi car je ne contrôle pas mes émotions ». Bref, le cliché du bad boy transformé en bad girl. Je n’apprécie pas cet archétype, même la romance lesbienne ne l’adoucit pas, si bien que celle-ci m’a laissé indifférente, jusqu’à devenir oubliable. Et puis, quand on voit tout ce qu’Hetty est prête à faire pour Byatt, on se demande 1) pourquoi elle ne finit pas avec elle vu comment est construite leur relation, 2) la relation avec l’autre fille est encore plus plate en comparaison.

Je pense avoir mis le doigt sur le problème, ou plutôt le mien : ce roman est du Young Adult, et c’est une catégorie d’âge qui me correspond de moins en moins. Ici, on retrouve des éléments typiques que je considère comme des défauts altérant ma lecture : la narration à la première personne, le style simple et familier, l’utilisation du présent, des facilités scénaristiques, des révélations dans l’intrigue que l’on voir venir à des kilomètres… Comme pour Sorcery of Thorns, ce roman est une déception car je ne suis sûrement plus le publique cible. Si vous aimez le YA, alors il y a des chances qu’il vous plaise beaucoup plus !

D’autres avis sur Wilder Girls : La demoiselle aux cerfs, Jessy Book World, Lectrice indéniable, Une pause livresque, Le Tempo des livres, Nirrita Lalynx, Minimouth lit.

3 réflexions au sujet de “Wilder Girls – Rory Power : des promesses décevantes”

  1. Même ressenti que toi, et je ne comprends pas non plus pourquoi on en parle comme d’un roman féministe. Genre il suffit de juste mettre des personnages féminins et c’est bon ? Petit bonus s’il y a une romance lesbienne ? Pour moi, c’est totalement insuffisant.

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai eu un ressenti contraire, mais je te rejoins sur le fait que ce n’est pas un roman féministe. Pour moi, c’est un roman YA horrifique (et sur ces points il a bien fonctionné pour moi ^^), mais je n’ai rien vu de féministe dedans.

    Aimé par 1 personne

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