Lectures

Blue – Annabelle Blangier

Bonjour tout le monde ! Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler de ma dernière lecture. Il s’agit de Blue d’Annabelle Blangier, dernier né de Magic Mirror Editions. C’est une réécriture efficace du conte Barbe-Bleue.

Titre : Blue

Autrice : Annabelle Blangier

Editeur : Magic Mirror Editions

Pages : 263

Charles est employé au café Les Deux Sœurs, lorsque son regard croise pour la première fois celui envoûtant de Blue. La jeune femme l’éblouit aussitôt par sa beauté sans nom et par l’aura de mystère qui l’entoure. Elle est le modèle idéal pour ce peintre ignoré.

Au fil des jours, une routine de séduction s’installe entre les deux jeunes gens et, très vite, Charles fou amoureux fait sa demande en mariage. Les noces sont célébrées dans la foulée, même si la sœur de l’artiste voit d’un mauvais œil son engagement précipité auprès de cette veuve aussi belle qu’inquiétante.

Une bâtisse à la réputation funèbre accueille le couple et la vie se fait enfin douce pour Charles. Si ce n’est l’obscurité dans laquelle se coule sa femme à la nuit tombée … Que fait-elle lorsqu’elle s’absente au cœur des ténèbres ? Pourquoi ne veut-elle jamais évoquer son passé en Europe de l’est ? Que cache-t-elle dans ce cabinet dont elle lui a interdit l’accès mais lui a confié la clé ?

Les réponses permettront-elles enfin à Charles de terminer un portrait fidèle de son épouse, ou est-ce qu’ouvrir cette boîte de Pandore signera la fin de sa vie rêvée ?

Barbe-Bleue est un conte qui m’a toujours fascinée. Comme beaucoup, il me terrifiait lorsque j’étais plus jeune et la vision d’horreur enfermée derrière cette porte interdite m’a marquée pour toujours. Cette fable macabre sur les secrets, la confiance trahie et la tentation enivrante fait de cette histoire celle que j’attendais le plus de voir réécrite chez Magic Mirror. Annabelle Blangier a exaucé mon voeu. Cela tombe bien, car son précédent roman chez ce même éditeur avait été un véritable coup de coeur : il s’agit du Musicien dont vous pouvez retrouver ma chronique ici.

Le pari d’Annabelle fut d’inverser les genres : la figure mystérieuse est désormais une femme au nom éponyme, belle et fascinante, pleine de secrets. Cette mystérieuse inconnue parvient à séduire Charles, un peintre romantique et timide, dont le coup de foudre lui retournera le cerveau et le précipitera dans la gueule du loup. Car si vous connaissez le conte de Perrault, vous savez très bien où nous mène cette histoire. Ce qui est intéressant, ce n’est pas le quoi, mais le pourquoi. On se doute très vite ce que cache Blue, mais on ignore les raisons d’un tel stratagème. Le lecteur va en découvrir davantage au fur et à mesure de l’enquête, alors que se dresse le portrait de la belle. Un portrait fascinant, difficile à cerner, comme celui que Charles ne parvient jamais à peindre, malgré toute la fascination qu’il éprouve pour sa jeune épouse. J’ai adoré Blue, personnage le plus réussi, et je déplore presque de ne pas en savoir encore davantage sur elle.

L’interview d’Annabelle Blangier pour la sortie de Blue

Ce qui est intéressant dans cette inversation des genres, c’est les thématiques qu’il entraîne. L’antagoniste est désormais une femme et incarne donc un pouvoir différent, quelque chose de magnétique sous un doux visage. On n’aborde pas une femme d’une même façon qu’un homme, ainsi Blue semble parfaite aux yeux de tous, trop parfaite peut-être, mais son apparence lui confère son alibi. Être une femme peut donc être une arme, mais aussi une faiblesse comme le prouve le personnage d’Anne, la soeur aînée de Charles. Dans cette Angleterre des années 30, elle peine à se faire une place dans la police car ses collègues refusent de la prendre au sérieux à cause de son genre. C’est pourtant la seule à distinguer la vérité derrière la beauté, à émettre des soupçons que personne ne croit. Anne et Blue sont des personnages en opposition et pourtant terriblement proches. J’ai adoré leurs différentes confrontations. A travers elles, l’autrice aborde la condition féminine. Face à ces deux protagonistes fortes et marquantes, Charles fait pâle figure. Peu actif, pas très malin, il se contente de son rôle d’amoureux transi un peu benêt que le lecteur a bien souvent envie de secouer pour le réveiller. Certains, moins patients que moi, pourraient peut-être avoir des difficultés avec ce personnage.

Le tout est servi par la plume efficace d’Annabelle Blangier. Le rythme est rapide, le roman se lit très vite grâce à des chapitres assez courts. Plus l’enquête avance, plus les soupçons autour de Blue se dessinent, plus les lecteurs auront envie de tourner les pages. Voilà pourquoi l’histoire d’amour entre Charles et Blue est vite expédiée. C’est rapide, trop rapide, mais c’est justement ça le problème de leur relation. L’intrigue prendra ensuite le temps de s’attarder sur les indices, de plus en plus glauques, menant à la vérité derrière la porte interdite…

+ Un personnage éponyme fascinant

+ Une enquête avec un rythme efficace

+ Une revisite intéressante du conte Barbe-Bleue

Ma note :

D’autres avis sur Blue : Madame Ratou, Faith in Words

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